Cinq ans après le refus de l’initiative «verte», la votation capitale du 13 juin révèle combien les mentalités évoluent lentement dans la prise de conscience de la gravité de l’état de la planète. De reprendre à l’identique le titre de notre réflexion de 2016 (lire LT du 16.9.2016).

Le feuilleton des terrasses et l’accès au vaccin, à la fois sésame aérien estival escompté et obstacle à tirer la leçon des causes de la pandémie, ont éclipsé la baisse de 0,6% des émissions de CO2 en Suisse l’an passé, qui repousse à l’an 2175 leur éradication. Rappelons qu’échappent par «miracle» comptable aux 46 millions de tonnes de 2020 celles produites à l’étranger par la consommation suisse, soit 70% du total (OFEV, Changements climatiques en Suisse). Hors bilan aussi, les agissements destructeurs de la place financière, qui multiplient par 20 les dégâts. Il se trouve pourtant encore des voix pour entonner la «rhétorique de la petitesse», selon la formule de l’historien Sébastien Guex, et dénier ainsi la puissance d’un «petit pays» qui en 2021 atteint son Jour du dépassement le 11 mai déjà.