A l’UDC, le contraste tranche. Toutes ses personnalités aux affaires – du président de la Confédération, Guy Parmelin, à plusieurs ministres cantonaux de la Santé, comme Natalie Rickli (ZH) et Pierre Alain Schnegg (BE) – se font les chantres de la vaccination lors de toutes les interviews qu’ils accordent aux médias. Mais la tête du parti, et une majorité de sa base, a décidé de s’allier au mouvement citoyen des Amis de la Constitution pour mener la fronde contre la révision de la loi covid.

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Un combat pour occuper le terrain

Si le score a été net et sans appel contre la loi covid, on peut se demander dans quelle mesure l’UDC prend ce combat à cœur. Veut-elle vraiment saborder cette loi créant une base juridique pour un certificat qui est, pour l’instant, le seul instrument du Conseil fédéral pour éviter un nouveau confinement en cas de quatrième vague du virus? Ou tient-elle plutôt à conserver une visibilité médiatique en surfant sur la vague anti-institutionnelle qui déferle un peu partout en Europe? En voyant le patriarche du parti Christoph Blocher, un entrepreneur qui a toujours été soucieux de la santé de ses employés, plaider mollement pour la vaccination, on est en droit de se poser la question.

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Comme tous les partis, l’UDC a désormais les yeux rivés sur les élections fédérales de 2023. Avec l’abandon de l’accord-cadre avec l’UE par le Conseil fédéral, il a peut-être remporté une victoire d’étape, mais aussi perdu un thème de campagne. Et sur les thèmes qui préoccupent les gens, soit la santé, le niveau des retraites et le climat, on ne sait d’elle que ce qu’elle rejette, mais pas ce qu’elle veut.

Le certificat, un mal nécessaire

Alors l’UDC durcit le ton plus que de raison. Elle a bien sûr le droit de critiquer la politique du Conseil fédéral dans sa gestion de la pandémie. Mais en parlant de «dictature», d’«Ausweis» ou encore d’«apartheid» – autant de termes qui rappellent les heures les plus sombres de l’histoire du siècle dernier –, elle empêche tout débat rationnel.

Elle oublie que le Conseil fédéral a pratiqué une des politiques les plus libérales d’Europe face au coronavirus. Pas de confinement strict ni de couvre-feu, mais un appel à la responsabilité individuelle qui, dans l’ensemble, a été bien suivi. Le gouvernement a permis aux gens de skier cet hiver, une mesure risquée, mais en fin de compte sans la moindre conséquence négative sur les hôpitaux. La Suisse a même été l’un des rares pays quasiment épargnés par la troisième vague de covid.

Aujourd’hui, une quatrième vague menace. La seule politique raisonnable consiste à éviter de verser dans l’alarmisme tout comme dans l’excès d’optimisme. Dans cette optique, le certificat covid est utile, même si c’est un mal hélas nécessaire.

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