Il devait être «le phare» d'une région en plein essor démographique, le trait d'union entre Lausanne et Sion. Mais après seulement quelques mois d'exploitation, l'hôpital intercantonal Riviera-Chablais, l'HRC, est au bord du précipice. L'annonce fin avril d'un déficit massif pour l'année 2019 a provoqué une profonde crise qui a poussé jeudi à la démission le directeur général Pascal Rubin, soumis à des salves d'attaques d'une rare intensité. Une violence qui ne peut pas s'expliquer uniquement par l'étendue du trou financier ou les éventuelles erreurs de management, sur lesquelles se concentrera l'audit lancé par les cantons de Vaud et du Valais.

A travers Pascal Rubin, le directeur honni, c'est un autre homme que les détracteurs de l'HRC tentent d'atteindre, le grand absent des discussions de ces dernières semaines, mais dont le nom est pourtant sur toutes les lèvres: Pierre-Yves Maillard. Le site unique de Rennaz, c'est son grand projet. L'ancien conseiller d'Etat socialiste en fut son plus ardent défenseur, y compris pour l'emplacement contesté, loin des centres urbains, et en protégeant une direction déjà accusée d'autoritarisme. Le politicien a apposé une empreinte durable jusqu'à la structure même de l'établissement. Contrairement aux autres hôpitaux régionaux vaudois qui sont privés, l'HRC a ainsi été doté d'un statut d’établissement autonome de droit public. Son personnel bénéficie d'une CCT avantageuse, appelée à se généraliser dans le canton.