Ce reset américano-russe de Genève sera-t-il le bon? Voilà plus d’une décennie que Washington et Moscou vont de rendez-vous manqués en fâcheries aux conséquences parfois dramatiques pour la paix mondiale et l’ordre démocratique. Joe Biden sera le quatrième locataire de la Maison-Blanche à se confronter à l’inamovible Vladimir Poutine. C’est aussi, a priori, le moins disposé à transiger avec le président russe.

Joe Biden partage avec les dirigeants américains de sa génération une défiance rarement prise en défaut à l’égard de la Russie (Donald Trump était un cas à part). Quarante ans de guerre froide, de lutte idéologique et de menace de guerre nucléaire ne pouvaient s’effacer d’un coup avec la chute d’un mur ou l’effondrement d’un régime. Mais trente ans après la disparition du communisme, le temps n’est-il pas venu, pour les Etats-Unis, de prendre note que la Russie ne représente plus un danger existentiel? Ni même la principale menace pour les intérêts américains?