Le 24 mai 1962, tandis qu’était posée la première pierre du bâtiment de l’Organisation mondiale de la santé, à Genève, le président de l’Assemblée, le Russe Sergei Kurashov, magnifiait «les espoirs de toute l’humanité d’être un jour délivrée de la maladie». Ce jour n’est pas arrivé. Les espoirs qu’il arrive se sont eux-mêmes transformés en certitude qu’il n’arrivera pas. L’OMS d’il y a soixante ans se donnait une fin idéale, l’éradication une par une des grandes pathologies infectieuses. Plus tard, elle a pris sur elle de combattre les maladies potentielles, comme celles qui dérivent de la fumée du tabac. Sa campagne contre la cigarette était la consécration de l’idéal de santé défini comme «un état de complet bien-être physique, mental et social».