éditorial

De l’opportunisme!

A l’ère de chambardement que vit la société de l’information, il est de la responsabilité de nos dirigeants d’inscrire l’Open Data à l’agenda. Un signal politique fort permettrait de sensibiliser les citoyens à la problématique

Editorial

De l’opportunisme!

Open Data et Big Data, deux mots-valises qui sonnent aux oreilles des directeurs généraux d’entreprise et des chefs d’Etat comme une promesse économique alléchante. Aucun ne les comprend, mais tous l’ont à la bouche. L’Open Data définit les données produites par les administrations publiques. Le Big Data reflète les traces numériques que nous laissons en ligne. Une mine d’or d’informations assoupies dans les serveurs informatiques que tous veulent exploiter. Mais comment?

Le Danemark développe sa stratégie. Il s’est doté d’un cadre gouvernemental favorisant l’accès et l’échange gratuits des données. Le but? Attirer les entreprises novatrices pour stimuler l’emploi. A cela s’ajoutent l’immense taille de son secteur public et la forte pénétration d’Internet. Le royaume vit sur un trésor de données.

Comme ailleurs, la stratégie Open Data du Danemark n’émane pas du gouvernement, mais de quelques têtes visionnaires citoyennes. Ces vingtenaires bidouilleurs nés avec Internet. Des «hippies» du Web pour beaucoup de politiques, comme l’étaient Bill Gates et Steve Jobs au milieu des années 1970. La donne est sensiblement la même aujourd’hui.

Les plus sceptiques envers l’Open Data prédisent la mort de la sphère privée. Au contraire, il la renforce. Mais l’exploitation des bases de données requiert de bonnes pratiques. A l’ère de chambardement que vit la société de l’information, il est de la responsabilité des dirigeants d’inscrire l’Open Data à l’agenda. Un signal politique fort permettrait de sensibiliser les citoyens à la problématique.

Les nouvelles technologies rediscutent les notions d’information, de sphère privée et de transparence. Nos lois sont inadaptées à la société numérique. Face à une réalité nouvelle, dépassée, ouvrons le débat. Certes, l’Open Data comporte des risques. Aux gouvernements d’empoigner le sujet pour en tirer le meilleur. Le chemin est long, semé d’embûches. Il requiert des idées novatrices et de l’opportunisme. Seuls les pays audacieux tireront leur épingle du jeu.

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