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L’Organisation mondiale du commerce, prochain théâtre du bras de fer Chine - Etats-Unis

La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine devrait en dernier ressort trouver son épilogue à Genève, dans le cadre de l’OMC. Pour en comprendre les enjeux, «Le Temps» reproduit les positions officielles de Pékin et de Washington avant que le grand marchandage commence

En juillet dernier, Washington déclenchait les hostilités commerciales contre Pékin, accusé tout à la fois de protectionnisme, de vol de technologies, d’espionnage économique, de concurrence déloyale et de profiter de l’ouverture du marché américain sans réciprocité depuis de trop nombreuses années. En campagne présidentielle, Donald Trump évoquait déjà le pillage des emplois américains au profit de la Chine, à laquelle il promettait des mesures de rétorsion, conseillé par quelques faucons adeptes du protectionnisme et critiques à l’égard du pouvoir chinois.

Cette guerre tarifaire connaît une pause depuis la rencontre, début décembre en Argentine, entre Donald Trump et Xi Jinping. Ils se sont donné 90 jours pour négocier un rééquilibrage de leurs échanges commerciaux et mettre sur la table leurs principaux contentieux. Le président des Etats-Unis, par quelques petites phrases, a laissé entendre ces derniers jours qu’il était très satisfait de la tournure des discussions, soulignant son «amitié» avec son homologue chinois. La prochaine étape pourrait se dérouler à Davos, où se croiseront Robert Lighthizer, le représentant au Commerce américain, et Liu He, le vice-premier ministre chinois, qui se rendra fin janvier à Washington.

Pas de véritable tournant

Quel résultat espérer d’ici à la date butoir, début mars? Sans doute des annonces de gros contrats pour l’industrie américaine en Chine, la promesse de l’ouverture prochaine de segments de marché par Pékin et quelques mesures symboliques permettant à Donald Trump de crier victoire. Personne ne croit toutefois à un véritable tournant dans les relations commerciales entre les deux pays. Cette remise à plat, si elle s’effectue, devrait se décider ces prochains mois à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), enceinte de négociation multilatérale à laquelle Pékin et Washington – malgré les attaques verbales de Trump – restent attachés.

Quel statut pour la Chine sur la scène mondiale?

Sur quoi porteront ces discussions? Sur de nombreux points, à commencer par le fonctionnement de l’OMC et sa réforme. Mais la question centrale sera le statut accordé à la Chine à l’avenir: la deuxième puissance économique mondiale peut-elle encore être considérée comme un pays en développement, et du coup bénéficier d’un statut spécial, ou doit-elle désormais être mise sur pied d’égalité avec les Etats-Unis et les autres grands pays industrialisés, et donc être soumise aux mêmes règles d’un marché ouvert?

Pour mieux comprendre les enjeux de ce bras de fer, nous reproduisons deux textes qui explicitent les attentes de Pékin et de Washington. Le premier est un document présentant la position chinoise sur la réforme de l’OMC distribué à la presse fin novembre par la mission permanente de Chine auprès de l’OMC. Le second consiste en des extraits du discours de l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’OMC, Dennis Shea, prononcé le 17 décembre à Genève pour défendre la politique commerciale de son pays.


Les textes

L'extrait du discours de l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’OMC, Dennis Shea, pour expliquer la politique commerciale de son pays: L’OMC n’est pas équipée pour relever le défi chinois 

Le texte de la Mission permanente de la Chine auprès de l'OMC à Genève: La Chine a droit à un statut spécial.

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