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Lost in L.A.

Los Angeles est une mégapole qui semble évoluer dans son propre espace-temps. Elle évolue, mais sans véritablement changer

Los Angeles est une ville étrange, tentaculaire, polymorphe pourrait-on dire. Je n’y étais venu qu’une seule fois, il y a longtemps déjà, en 1997. Et voilà que j’y passe trois jours, à l’occasion de la délocalisation d’une quinzaine de journalistes du Temps à San Francisco, pour une série d’éditions spéciales à lire dès lundi.

Vingt et un ans après ma première visite, et malgré ce chauffeur Uber napolitain qui m’a expliqué que la ville se transforme continuellement, l’impression est la même. Los Angeles est une ville polymorphe dans le sens où elle est un assemblage de quartiers distincts reliés par de gigantesques artères, plutôt qu’un territoire organisé autour d’un véritable centre. Cette mégapole de près de 19 millions d’habitants a jadis été façonnée par l’essor de l’industrie automobile, et est donc conçue pour être parcourue en voiture.

Mosaïque impressionniste

Au cœur d'Hollywood Boulevard, où se trouve le Dolby Theatre, qui accueille la cérémonie des Oscars, rien n’a changé, si ce n’est que les touristes ne photographient plus les étoiles des stars avec des appareils photos, mais avec leurs téléphones. J’ai eu un flash, comme si je me retrouvais vingt ans en arrière, ému face à l’étoile fleurie de l’immense Jimmy Stewart, qui venait de décéder.

Si rien ne semble avoir changé, en marge des gratte-ciel du quartier économique de Downtown, c’est parce que la ville demeure cette sorte de mosaïque impressionniste. On peut aussi le voir en marchant: il suffit de quitter Hollywood Boulevard pour se retrouver dans des ruelles résidentielles tranquilles, avant d’arpenter quelques minutes plus tard l’animé Sunset Boulevard, où les panneaux publicitaires et les fast-foods se succèdent sans fin.

Du pain et des jeux

Près de l’aéroport international, j’ai remarqué en atterrissant un vaste chantier, celui du Los Angeles Stadium. A savoir un gigantesque stade qui pourra contenir jusqu’à 100 000 personnes. Il servira dès 2020 de repère aux deux équipes de football américain de la ville, les Rams et les Chargers, et accueillera de prestigieuses compétitions: le Super Bowl LVI en 2020, quelques matchs de la Coupe du monde en 2026 et les Jeux olympiques en 2028. Ces dix prochaines années, la ville devrait plus se transformer que lors des cinquante dernières années, m’a-t-on dit.

Los Angeles est une ville fascinante, comme hors du temps, ou qui a plutôt son propre espace-temps tant les déplacements y sont longs, malgré les différentes lignes de métro qui se mettent en place – voilà peut-être le changement le plus significatif depuis 1997. Elle demeure ce lieu de tous les possibles qui attire les rêveurs, à l’image de ces deux frères zurichois qui viennent d’y ouvrir le Kebbros. La Cité des Anges est une mégapole étrange et polymorphe qui ne ressemble qu’à elle-même, j’aime m’y perdre.


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