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Au centre de toutes les attentions, le PLR Pierre Maudet, seul magistrat sortant déjà élu au premier tour au Conseil d’Etat genevois.
© Salvatore Di Nolfi/Keystone

Revue de presse

Luc Barthassat, MCG… Les coups de semonce donnés par les électeurs genevois

Les médias font «la fête» à Pierre Maudet, le «supergagnant». Derrière lui, il y a «une rescapée» et «un grand brûlé». Mais surtout, tous se réjouissent de la «débâcle» des populistes

Ce samedi, à la veille du scrutin, la Tribune de Genève s’était livrée au jeu des pronostics en livrant «les scénarios fous (et moins fous) qui se [dessinaient] pour les élections cantonales». Audacieux, et risqué. Car au bout du compte, aucune de ses prévisions ne s’est vraiment réalisée, entre celles du «statu quo», d’une évolution «tiède» ou d’un «chamboulement», aussi bien au Grand Conseil qu’au Conseil d’Etat. Mais tout s’est joué dans les détails où, on le sait bien, se cache le diable.

Lire aussi: La gauche se prend à rêver, la droite doute

C’est cependant un «spectaculaire retournement», avec un «merci» à «Monsieur Stauffer» qu’elle constate ce lundi matin dans son long éditorial, la «Julie». C’est qu’«après avoir subi pendant près de dix ans les gesticulations [populistes] d’une équipe versatile pratiquant une politique de tabloïd avec les frontaliers et autres étrangers pour bouc émissaire, les Genevois ont décidé de se rabattre sur des partis plus constructifs» pour regarnir les sièges de leur parlement. Quant à leur exécutif, le résumé est limpide: il y a «un supergagnant, Pierre Maudet, en TGV du parti seigneur du parlement [le PLR]; une rescapée, Anne Emery-Torracinta; et un grand brûlé, Luc Barthassat

D’où un certain optimisme de la Tribune. Car «la nouvelle configuration du parlement et l’hypothèse d’un gouvernement rééquilibré changent la donne. Si le MCG garde un rôle d’arbitre au sein des pouvoirs exécutif et législatif, il risque de se faire marginaliser par de nouvelles alliances inédites. Cette reconfiguration importante laisse imaginer une Genève capable non seulement de dégager une vision et de se doter d’objectifs clairs, mais aussi de les réaliser. C’est le moment où jamais de rêver un peu!»

«Comment expliquer ce recul qui tranche avec la dynamique électorale européenne?» se demande Le Dauphiné libéré. «La division nous a coûté.  Genève en Marche nous enlève au moins 4 sièges», répond Roger Golay, l’un des députés du MCG à Berne. Au-delà de cette raison conjoncturelle, il admet aussi un essoufflement du «programme». «Nous sommes un parti de résultats. Quand le chômage baisse, les gens ont moins de raison de voter pour nous». Comme si la sortie de crise les privait de carburant électoral…» Et le résultat, c’est une «débâcle», pour la Basler Zeitung, et aussi pour l’émission Forum de la 1re de RTS:

Prudent, Le Courrier préfère titrer son éditorial avec une formule qui exprime elle aussi un espoir: «La gauche reprend quelques couleurs». Mais il se méfie, puisque le MCG, toujours lui, «est encore loin d’être à terre: son conseiller d’Etat, Mauro Poggia, réalise une excellente élection et ses onze députés joueront encore un rôle pivot. Car si la gauche et la droite ont pris de l’embonpoint grâce à la saignée de ce parti, aucun de ces deux blocs n’a obtenu de majorité. Le jeu parlementaire continuera donc à être une mécanique mouvante et compliquée.» Et de plaider «pour une stratégie offensive de toute la gauche au second tour, avec un ticket à quatre candidats au minimum, pour confirmer son troisième siège. Voire renverser la majorité.» Voilà pourquoi, sans doute, elle «rêve de se débarthasser», comme l’écrit avec malice Le Matin.

Attention aux «lignes rouges»!

Mais attention, prévient encore le quotidien genevois de gauche: «Limer les dents de l’Entente au gouvernement ne fait pas un programme. Encore faut-il que les alliés progressistes s’entendent sur un socle minimal et sur les lignes rouges que leurs futurs ministres ne devront pas franchir. Au vu de la casse sociale» que préfigure le Projet fiscal 17, «le respect de l’initiative de l’Alternative sur cette réforme fiscale, intitulée «Zéro pertes», serait un début encourageant. Utopique?»

Outre-Sarine et en Suisse italienne, il est intéressant de voir que beaucoup de titres tournent autour de «l’Elu», Pierre Maudet, dont la campagne pour le Conseil fédéral a marqué les esprits en Suisse alémanique. Aussi bien l’Aargauer Zeitung que le site Watson.ch, le Corriere del Ticino ou la SRF, où le futur homme du gouvernement a eu l’occasion de monter ses talents en Hochdeutsch. «Nur Pierre Maudet schafft es in den Staatsrat», seulement lui.

Félicité par Ignazio Cassis

D’ailleurs, selon le commentaire de la Neue Zürcher Zeitung, «il a reçu un message de félicitations du Conseil fédéral et de son collègue Ignazio Cassis. Et répondu avec un clin d’œil qu’une élection au scrutin populaire était plus facile à gagner qu’aux Chambres fédérales. Sur la chute du MCG, le quotidien zurichois constate que celui-ci «manque manifestement de personnel qui sache parler la langue des masses. Mais avec ces changements, le Grand Conseil va se retrouver en eaux plus calmes»: «Rückkehr zu ruhigeren Zeiten.» «Après une législature vraiment turbulente, […] c’est nécessaire.»

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