Editorial

Alliance mort-née

L’appel lancé par le président de l’UDC, Toni Brunner, aux autres partis du centre droit pour une large alliance électorale restera sans effet. Pour une raison toute simple: il y a trop de divergences fondamentales entre eux, et celles-ci créent une fracture identique entre les organisations économiques dont ces partis sont proches.

Après avoir traversé une passe difficile, economiesuisse tente, sous la houlette de ses nouveaux dirigeants, de refaire surface. Le chemin à parcourir est long, et celui-ci passe notamment par un renforcement de ses liens avec ses alliés traditionnels que sont les formations politiques du centre droit.

Quant à l’USAM, elle est désormais phagocytée par l’UDC, comme en témoigne le controversé classement annuel des parlementaires qui défendent le mieux les intérêts des PME. Réalisée par l’USAM, cette enquête place très largement les représentants de l’UDC aux premiers rangs, ce qui fait dire aux élus du PLR et du PDC qu’elle est biaisée.

Or, il y a autant de différences de style et d’approche entre l’UDC et les autres partis de droite qu’entre l’USAM et economiesuisse. Cela est ressorti d’une rencontre qui a eu lieu récemment à Lausanne. Qu’il s’agisse de la prévoyance vieillesse ou de la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration, les désaccords de fond et de ton sont importants.

Prenons l’immigration: economiesuisse, comme le PDC et le PLR, cherche avant tout à sauvegarder les accords bilatéraux, quitte à interpréter avec souplesse la règle des quotas. L’UDC veut au contraire un contingentement strict, au risque de mettre en péril la solution bilatérale. Et l’USAM, influencée par la présence de son controversé président Jean-François Rime dans le comité d’initiative, feint de croire que les contingents peuvent être compatibles avec la libre circulation.

L’approche qui se veut pragmatique d’economiesuisse, du PDC et du PLR s’oppose ainsi au positionnement dogmatique et provocateur de l’UDC et de l’USAM. Cette situation devrait suffire à doucher les espoirs de Toni Brunner de voir les partis du centre droit lui tomber dans les bras.