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Novarka.com/Berd

Revue de presse

L’Ukraine inaugure le deuxième sarcophage de Tchernobyl

Face aux menaces qui planaient sur la première enceinte de confinement du réacteur nucléaire explosé en 1986, la communauté internationale s’est mobilisée pour prévenir tout accident supplémentaire. L’ouvrage, monumental, est présenté au monde ce mardi

L’Ukraine vit ce mardi la mise en place finale du pharaonique dôme de confinement qui recouvre le réacteur accidenté de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Un projet hors normes, financé par la communauté internationale et qui doit assurer la sécurité du site. En forme d’arche, cette cloche, qui sera inaugurée lors d’une cérémonie débutant à 11h, est une ossature métallique de 25 000 tonnes (36 000 avec les divers équipements prévus), de 108 mètres de haut et de 162 mètres de long.

Elle doit notamment pouvoir résister à un séisme pouvant atteindre une intensité maximale de 6 sur l’échelle de Mercalli (qui en compte 12), après que, «lentement, à raison de 60 centimètres par poussée, effectuée par plus de 200 vérins hydrauliques, l’arche» a glissé ces derniers jours vers sa position définitive, décrivent Les Echos. Celle «qui sera désormais la sienne pour au moins un siècle». La poussée a été achevée ce dimanche.

Voir notre grand format: Tchernobyl, voyage au cœur de la zone

Pour comparaison, l’opération revient à «recouvrir le Stade de France ou la Statue de la Liberté», résume dans un communiqué Novarka, la coentreprise des groupes français Bouygues et Vinci, qui a conçu et réalisé l’arche. On peut voir ici les photographies, spectaculaires, de l’évolution de l’ouvrage au cours des derniers mois. Celui-ci doit permettre de confiner les matières radioactives et le sarcophage existant. De plus, la cloche dispose d’équipements qui vont permettre de procéder aux opérations futures de démantèlement du réacteur numéro 4.

Rappelons les faits historiques. Le 26 avril 1986, à 1h23, ce réacteur-là explosait au cours d’un test de sûreté. Pendant dix jours, le combustible nucléaire a brûlé, rejetant dans l’atmosphère des éléments radioactifs qui ont contaminé, selon certaines estimations, jusqu’aux trois quarts de l’Europe, mais surtout la Russie, l’Ukraine et le Bélarus, alors républiques soviétiques.

Lire aussi: Les premières informations sur l’accident de Tchernobyl («Journal de Genève» et «Gazette de Lausanne», 30.04.1986)

En 206 jours, un premier sarcophage, d’une ossature métallique de 7300 tonnes et composé de 400 000 mètres cubes de béton, avait alors été construit à la va-vite par 90 000 personnes dans des conditions très difficiles, afin d’isoler le réacteur accidenté, raconte à l’AFP Anna Korolevska, directrice adjointe du Musée de Tchernobyl, à Kiev. De cette épopée, Le Figaro propose un remarquable grand format sur son site web qui met en scène, à la fin, ce majestueux dôme, qui «est la plus grande structure terrestre mobile jamais construite», précise le site de France Télévisions.

Lire aussi: Tchernobyl: ce qu’on disait ou non en Suisse (26.04.2016)

Si la durée de vie du sarcophage avait initialement été prévue pour 20 à 30 ans – donc maximum jusqu’en… 2016 – elle s’est finalement révélée beaucoup plus courte. Dès 1999, il a fallu mener de premiers travaux de renforcement du sarcophage, puis de nouveau en 2001, en 2005 et en 2006. C’était «une construction potentiellement dangereuse, qui représentait une menace pour l’environnement et pour la population», déclare à l’AFP Sergui Paskevitch, de l’Institut des problèmes de sécurité des centrales nucléaires de l’Académie des sciences d’Ukraine.

Mais c’est que «d’abord, il a fallu attendre la chute de l’URSS. Ce n’est qu’à partir de 1992 que la communauté internationale commence à se préoccuper de ce chantier, laissé tel quel depuis que 600 000 «liquidateurs» venus de toute l’Union soviétique ont traité les lieux», raconte Challenges.fr. Face au risque d’effondrement de l’installation, qui se craquelait de partout et qui aurait pu remettre à l’air libre des tonnes de magma hautement radioactif, elle s’est engagée à financer la construction de la nouvelle chape, qui constituait «un des projets d’ingénierie les plus ambitieux de l’histoire», commente Radio France internationale.

Lire aussi, sur Hebdo. ch: Tchernobyl: ils reviennent malgré la radioactivité (21.04.2016)

Un fonds géré par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), également alimenté par la Suisse depuis 2008, a été créé et les travaux de construction ont commencé en 2012. Selon la Berd, le coût de la construction de l’arche s’est élevé à plus de 1,6 milliard de francs. Le montant de toute l’enceinte de confinement est estimé, lui, à plus de 2,2 milliards. Fait marquant – et qui en ajoute au côté spectaculaire de l’entreprise – il était impossible, «du fait de la radioactivité ambiante, de la construire directement au-dessus de la centrale. Le chantier de la superstructure en acier a donc été lancé à côté de celle-ci, à l’ouest de la centrale, à 300 mètres du réacteur endommagé», explique Sciences et Avenir (S&A).

Restent… les rayons gamma

L’arche ne sera opérationnelle que fin 2017, le temps d’installer divers équipements. Mais même si ce calendrier est respecté, poursuit S&A, cela ne clôturera pas pour autant la fin de cette catastrophe industrielle. […] L’arche ne constitue en aucun cas une solution miracle», car elle n’arrête pas les rayonnements gamma. «Ces ondes, de même nature que la lumière, transportent une énergie beaucoup plus importante. Elles peuvent traverser plusieurs mètres de béton et provoquer des brûlures, des cancers et des mutations génétiques. En d’autres termes, si un oiseau niche sur l’arche, il sera irradié! En revanche, le confinement permettra aux populations alentour de ne plus être exposées, par inhalation ou ingestion, à la dispersion des poussières radioactives.»

Bientôt commenceront donc «les travaux visant à démanteler l’instable ancienne construction», explique Sergui Bojko, chef de l’Inspection pour la régulation nucléaire (l’organisme répondant de la sécurité nucléaire en Ukraine), en ajoutant cependant qu’aucun calendrier précis n’a encore été adopté. Mais pour l’heure, cette étape représente un progrès considérable dans la sécurisation du théâtre d’un des pires accidents nucléaires de l’histoire avec celui de Fukushima, un peu plus de trente ans après les événements.

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© Gabioud Simon (gam)