Revue de presse

Ce lundi à l’aube, la Super Lune s’éclipsera et deviendra toute rouge

Ce duo spectaculaire est rarissime. Il faudra en profiter, de 4h11 à 5h23. La pleine lune de ce 28 septembre aura deux caractéristiques remarquables: elle entrera dans l’ombre de la Terre, donc s’éclipsera totalement, et elle en sera simultanément au plus proche. Ne manquez pas cette Super Lune de sang!

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La dernière fois, c’était en 1982. Et la prochaine, ce sera pour 2033. Autant dire qu’un humain ne peut voir cela que quatre ou cinq fois dans sa vie, au grand maximum. Nous avons donc rendez-vous, ce lundi matin avant l’aube, avec la Lune. Si le ciel est clair – ce qui correspond aux prévisions –, cette Lune-là promet d’être esthétiquement exceptionnelle! Car parvenue au plus de près de la Terre, donc très grosse et très lumineuse, elle va s’habiller de rouge lors d’une éclipse totale.

«Toutes les conditions sont réunies pour que l’éclipse soit spectaculaire», s’enthousiasme Pascal Descamps, astronome à l’Observatoire de Paris. Du continent américain au Moyen-Orient, elle sera observable pendant plus d’une heure, de 4h11 à 5h23, heure suisse. Ce n’est évidemment pas elle qui produira cette lumière, mais le Soleil. Car lundi aux premières heures, l’astre sélène sera parfaitement aligné avec celui-là et la Terre. Donc, «toute la Lune sera engloutie par l’ombre de la Terre», si l’on veut, puisque «le cône d’ombre de la Terre fait environ trois fois la taille apparente de notre satellite».

Elle disparaîtra donc dans un premier temps, privée qu’elle sera des rayons du Soleil, pour mieux réapparaître ensuite, teintée de rouge, d’où son nom de «Lune de sang». Ce rouge, elle le devra au fait que les rayons du Soleil qui traversent l’atmosphère sont «diffusés» (ou réfléchis), à l’exception des rayons rouges, qui vont subir un autre phénomène: l’atmosphère va les dévier et ils vont venir éclairer la surface lunaire.

Les bleus, les rouges…

Plus précisément, lit-on dans Sciences et Avenir, «l’atmosphère de la Terre incurve – on dit qu’elle réfracte – les rayons lumineux qui la traversent. De plus, elle agit comme un filtre: elle diffuse préférentiellement la partie bleue du rayonnement solaire. Ainsi, des rayons solaires viennent éclairer la Lune lorsqu’elle est située dans le cône d’ombre et ces rayons sont porteurs d’une lumière plutôt rouge, d’où la teinte rougeâtre.»

On n’entre pas ici dans d’autres détails, mais la vision – pour les lève-tôt ou les couche-très-tard! – sera d’autant plus spectaculaire que la Lune sera à son périgée, soit à 356 410 km de la Terre, avec un diamètre apparent de 33’28,1’’. Résultat: elle «apparaîtra environ 14% plus grande et 30% plus lumineuse», explique Sam Lindsay de la Société royale d’astronomie de Londres. Le phénomène, appelé aussi «Super Lune», est lié à l’orbite légèrement elliptique de l’astre sélène: il tourne autour de la Terre non en cercle mais le long d’une sorte d’ovale, s’éloignant et se rapprochant constamment de notre planète.

Quelques bons plans

Comme le phénomène est rare, «une génération entière» n’a jamais vu de Super Lune rousse, souligne Noah Petro du projet Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) de la NASA. Alors le magazine Sky and Telescope de Cambridge, Massachusetts, donne tous les bons trucs pour suivre l’événement au plus près. Ici, en live par caméra HD, par exemple, ou là, sur le site Livestream. La Société astronomique de Genève résume aussi très bien le phénomène, et si l’on veut rentrer dans les détails scientifiques, il suffit de se référer aux informations de la NASA, qui publie également des infographies très explicites et cette vidéo amusante:

Le site Futura Sciences fait remarquer de son côté que «la fin de l’éclipse coïncide avec les premières lueurs de l’aube» et «elle sera plutôt basse», en descente durant son passage dans l’ombre. «Mieux vaut donc choisir un horizon dégagé» pour bien en profiter. Cette Super Lune, dont le site SciencePost nous dit qu’on l’appelle «périgée-syzygie», aura aussi pour effet de produire de grandes marées du 28 au 30 septembre.

L’autre aspect intéressant du phénomène astronomique réside dans le fait que les éclipses ont toujours fait l’objet de nombreuses interprétations religieuses, mythologiques ou symboliques. «Tout au long de l’histoire, de nombreuses cultures les ont considérées comme des signes de tristesse et de malheur», rappelle à l’AFP Noah Petro.

L’«œuf» de Colomb

Christophe Colomb, par exemple, qui en possédait un calendrier, en a profité pour amadouer les habitants de la Jamaïque: pour obtenir plus de nourriture, ce petit malin les avait menacés de faire disparaître la Lune pendant la nuit du 29 février 1504. Et «quand ils lui ont demandé de la faire réapparaître», l’ami Cristoforo a obtenu facilement son supplément de pitance.

D’ailleurs, lit-on sur le site québécois MétéoMédia, «la pleine lune de septembre porte le nom de Lune des moissons en Amérique du Nord. Par le passé, avant l’électrification des campagnes, les agriculteurs ne pouvaient compter que» sur elle «pour les éclairer dans les champs après le coucher du soleil, en particulier en pleine période de moissons et de récoltes, à la fin de l’été».

Pas de danger

Dernière chose: ce lundi matin, aucune inquiétude à avoir! Même pour nos yeux. Les éclipses de Lune ne présentent aucun risque, contrairement aux éclipses solaires. On peut utiliser des jumelles, des télescopes, tout ce que l’on veut. Le site Focus Numérique donne aussi quelques conseils très utiles pour photographier cette «coïncidence magique». Et le spectacle est gratuit pour tout le monde, conclut Pascal Descamps.

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