La Commission européenne est aujourd’hui au pied du mur: qu’elle l’admette ou non, sa présidente, Ursula von der Leyen, ne parviendra pas à rassurer les 27 Etats membres de l’UE à coups d’excuses sur son impréparation en matière de santé et de modestes «mea culpa», comme celui prononcé ce mercredi devant les eurodéputés.

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Face aux laboratoires pharmaceutiques qui ne tiennent pas leurs engagements, et face aux gouvernements qui réclament à juste titre leur part des 2,3 milliards de doses de vaccins achetés par avance en 2020, l’exécutif communautaire doit répondre avec des solutions compréhensibles par tous, et communiquées en temps réel. Commencer à ce stade à évoquer de possibles sanctions juridiques futures en cas de non-respect des contrats est inutile. Mieux vaut, très rapidement, augmenter les sites de production, intégrer d’autres laboratoires pour l’heure écartés, et faire savoir aux populations que les retards pris seront rattrapés.

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Cette attitude doit aussi prévaloir, à Bruxelles, dans la mise en œuvre du plan de relance à 750 milliards d’euros, en partie financé par des emprunts communs, pour la première fois dans l’histoire de l’UE. Commencer, comme l’a fait cette semaine Ursula von der Leyen, à parler de conditionnalité et de réformes indispensables pour l’octroi des fonds revient à attiser, entre les Vingt-Sept, divisions et affrontements. Oui, certains pays membres, comme la France et l’Italie, connaissent une dérive dramatique de leurs finances publiques. Laquelle devra être impérativement corrigée. Mais une Commission européenne-gendarme budgétaire ne fera que redonner des arguments aux souverainistes de tous bords. Des risques doivent être pris. Des règles doivent être assouplies. La vitesse d’exécution dans des domaines déjà identifiés comme porteurs d’avenir et créateurs d’emplois (les infrastructures, le numérique…) est l’urgence actuelle.

Le versant de cette exigence est, dans chaque capitale, un devoir de transparence. Cacher les échecs nationaux derrière les dysfonctionnements européens est encore plus impardonnable en temps de pandémie. L’Union ne peut être porteuse de solutions que si ses Etats membres, et les pays tiers qui leur sont associés, avancent et reconnaissent ensemble leurs erreurs. A ce stade de la bataille contre le virus, la désunion n’est plus une option.