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Un bâtiment de l'Université Harvard, à Cambridge, Massachusetts, qui s'est montrée sans pitié pour les plaisantins du Net.
© Reuters/Jessica Rinaldi

États-Unis

A l’Université Harvard, on expulse désormais les étudiants haineux sur Facebook

Au moins 10 étudiants d’abord admis au sein de la prestigieuse académie s’en sont finalement vu fermer les portes après qu’ils ont dérapé avec des propos censés être drôles, mais très douteux, sur le réseau

Rappelons tout d’abord que l’humour potache est un humour moqueur portant peu à conséquence, qui ne devrait pas offenser autrui, et qui n’est pas basé sur un mensonge. Le mot «potache» fait partie du jargon scolaire et se réfère au collégien ou au lycéen. Il est aussi vieux que l’école elle-même, mais on vient de s’apercevoir que le passage du réel au virtuel de cette forme de «rire bête» commence à poser problème.

Une revue de presse: Facebook complètement débordé par le flot d’horreurs qui s’y déverse

Dans cette veine de l’humour gentillet qui essaime jusqu’aux bancs académiques, @LucieRonfaut, journaliste au @FigaroTech, vient de découvrir «comment devenir populaire dans une université d’élite» après qu’elle a lu un article à ce propos sur le site Mic.com. Il suffit de «publier les meilleurs mèmes», soit les «meilleurs» éléments ou phénomènes repris et déclinés en masse sur Internet. D’imiter les autres jusqu’à adopter un comportement méchamment moutonnier, sans réfléchir aux conséquences de l’immédiateté et de l’universalité du Web. Voire de son manque d’humour quand il s’agit de saisir une forme d’ironie ou de deuxième degré.

Les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures, une dizaine de collégiens aspirants à la prestigieuse Harvard University viennent d’en faire la cruelle expérience, raconte le site Numerama.com, qui reprend une info de Motherboard.vice.com. Ils se sont finalement vu refuser leur admission: les «ados bourgeois en chaleur» n’iront pas à Harvard, pour s’être rendus coupables de racisme et de misogynie sur Facebook.

C’était «pour rire», mais ils ont été piégés par «un reality check fort justifié et mérité», à en croire le journal de la renommée académie, The Harvard Crimson. Qu’ont-ils fait de mal? La promotion qui devait finir son cursus en 2021 s’est d’abord regroupée sur le réseau pour créer des liens. «Ce groupe bon enfant» a entamé la conversation en partageant des blagues et des mèmes. D’abord pour le plaisir de la rigolade, puis le chat a dégénéré à cause d’un petit groupe de radicaux désireux de publier du contenu dit «adulte», au sens de «mûr», non sans absurdité, puisqu’il était présenté comme opposé à celui habituellement émis par les adolescents attardés.

Lire aussi: Bashing sur Internet: pourquoi tant de haine?

Inconscients des risques encourus

Las, ces propos censés être «adultes» ont rapidement basculé dans le racisme, l’antisémitisme ou le sexisme. Le club haineux s’est alors lui-même nommé Harvard memes for horny bourgeois teens, soit «Les mèmes de Harvard pour les ados bourgeois en chaleur». Pour y entrer, explique Thecrimson.com, il fallait «oser» publier un mème «limite». On imagine les risques encourus, qui ne se sont pas fait attendre: tous les membres du groupe ont reçu une lettre de l’administration leur demandant d’expliquer leur rôle et leurs motivations dans cette entreprise scabreuse.

Des «doigts de guerrier»

Du coup, l’organe de presse académique qui a sorti l’affaire a vu la page de son article truffée de commentaires d’internautes heureux de la mesure disciplinaire infligée aux imprudents. Ils se montrent interloqués de la naïveté de ceux qui se sont prêtés à ce jeu débile et conscients du dégât d’image porté à l’université américaine, dont le nom était associé à l’entreprise. Sur Facebook, un «Asian guy» outré remercie Harvard en écrivant qu'«il fallait faire comprendre à ces petits merdeux que les plaisanteries sur les génocides, les abus sexuels, les propos racistes ou violents ne sont pas drôles et vous desservent forcément quand vous cherchez à décrocher un ticket pour une haute école depuis les claviers où tapotent vos doigts de guerrier».

«La future classe dominante», ironisent certains, satisfaits de constater que Harvard donne l’exemple, pendant que d’autres universités ferment encore largement les yeux sur les viols d’étudiantes et autres bizutages promotionnels, déplore sur Twitter @Sparky50732252.

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