Si le numérique avait vraiment révolutionné la société, alors Twitter appartiendrait à ses contributeurs et usagers, et non à Elon Musk. Mais le capitalisme numérique, l’ego des dirigeants, la concentration des pouvoirs, l’économie du like ont fait des réseaux sociaux des systèmes plus réactionnaires que révolutionnaires. Certes, le patron de Tesla promet l’égalité en termes de liberté d’expression, mais pas l’égalité en termes d’autonomie des individus, de contrôle de leurs données et de leur image. Parce que les algorithmes de Twitter s’ingénient à favoriser les interactions agressives, les discours d’exclusion, le réseau social ne fait qu’aggraver la polarisation de la société, qu’accroître le fossé entre vainqueurs et perdants. Avec le risque d’une déstabilisation du système démocratique. Certes, comme le relevait cette semaine sur la RTS Nicolas Jutzet, animateur de l’institut libéral Liber-thé, «la liberté c’est difficile». Mais quel en est le prix et qui le paie? «L’usage excessif de la liberté se fait au détriment des plus faibles», répond pour sa part le professeur de droit et ancien sénateur libéral René Rhinow.