Macron, le F-35 et autre emmerde
OPINION. Roulé dans la farine par le Conseil fédéral, Emmanuel Macron lui aurait signifié qu’il n’y aurait plus de contact à haut niveau jusqu’à la fin de son premier mandat
Le 30 juin 2021, le Conseil fédéral annonçait son choix de l’avion de chasse américain F-35 pour assurer l’avenir de la défense aérienne. Surprise en Suisse. Stupeur en Europe dont deux avions étaient en lice: le Rafale français et l’Eurofighter. Les Allemands grognent, les Français sont abasourdis. Un mois après la rupture unilatérale du dialogue en vue d’un accord-cadre avec Bruxelles, Berne envoyait encore une fois balader ses voisins.
«Décidément, la Suisse fait le choix de tourner le dos à l’Europe», déclare sur le coup Clément Beaune, homologue français de Livia Leu qui lui explique cette décision. Paris n’a rien vu venir. Jusqu’au dernier jour, des ministres suisses ont laissé comprendre que le Rafale l’emporterait. Tout y contribuait: qualité de l’avion, accords compensatoires, coopération militaire et, comme le révélait la semaine dernière Republik.ch, la perspective d’une nouvelle entente sur l’imposition des travailleurs frontaliers, dans les sciences, l’éducation ou la lutte contre la criminalité. Un paquet en sorte qui, politiquement, avait tout son sens. Le Conseil fédéral s’est pourtant rallié à Viola Amherd, qui elle-même s’en était remise plus tôt à une analyse d’Armasuisse pour juger que le F-35 était en tout point le meilleur avion. Sans que les considérations de ce jugement soient rendues public. Pourquoi ne pas faire confiance aux experts militaires?