Emmanuel Macron dans sa «Lettre aux Français» du mois de janvier: «Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance.» Ces mots présentent le premier sujet soumis au «grand débat national» auquel le président invite ses concitoyens (et concitoyennes?): «Nos impôts, nos dépenses et l’action publique».

Sous cette déclaration on aura reconnu l’énoncé de l’un des principes clés du dogme économico-financier fondant toute politique animée par le néolibéralisme. La façade sociale en est connue: par un mécanisme pour le moins flou de «ruissellement», les plus pauvres profiteraient eux aussi des cadeaux fiscaux accordés aux grandes entreprises et aux individus les plus riches. Ne serait-ce que le mécanisme du CICE (soit le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) introduit en 2013, sous le gouvernement Hollande, au titre du Pacte national pour la croissance montre qu’il n’en est rien.