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Le ministre sud-coréen de l'Unification Cho Myoung-gyon (à droite) et le chef de la délégation nord-coréenne Ri Son Gwon mardi à Panmunjom, dans la zone démilitarisée entre les deux Corées.
© Korea Pool/via AP

Asie

Maintenir la flamme entre les Corées

ÉDITORIAL Une fois les volutes de la flamme olympique dissipées, l’équation coréenne réapparaîtra dans toute son inextricabilité

L’éclaircie aurait été impensable il y a encore dix jours. Les deux Corées, toujours techniquement en guerre, se sont parlé mardi pour la première fois depuis deux ans. Une ébauche de dialogue bienvenue après des mois de tensions croissantes. Les essais nucléaires et balistiques de Kim Jong-un et les menaces d’anéantissement proférées par Donald Trump contre la Corée du Nord ont placé la péninsule et le monde au bord du gouffre.

Ce sont les Jeux olympiques organisés dans un mois par la Corée du Sud, à Pyeongchang, à portée des canons nord-coréens, qui offrent l’occasion de cette détente. Voulant à tout prix réussir ses jeux, Séoul a saisi la main tendue de Kim Jong-un lors de son discours du Nouvel An.

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N’en déplaise à ceux qui le voient encore comme un docteur Folamour irrationnel, Kim Jong-un a donné une leçon de Realpolitik. Le dictateur nord-coréen voit dans les JO une opportunité de desserrer l’étreinte des sanctions internationales. Il estime sans doute que son programme nucléaire est assez avancé pour envisager une pause dans ses expérimentations atomiques. Mardi, la Corée du Nord a donc annoncé sa participation aux JO de Pyeongchang. Mais c’est bien la seule chose que l’héritier de la dynastie Kim a concédée.

Le Comité international olympique a beau jeu de saluer «un grand pas en avant dans l’esprit olympique». L’institution lausannoise se targue de favoriser le rapprochement entre les nations. Mais pour que la trêve olympique perdure au-delà de février, il faudra une volonté politique sans faille à Séoul et à Pyongyang. Et que les Etats-Unis de Donald Trump ne piétinent pas cet espoir avec leurs gros souliers.

Après avoir soufflé sur les braises du conflit, Donald Trump a dû s’incliner devant la reprise du dialogue intercoréen. Les Etats-Unis ont accepté de différer les manœuvres militaires prévues avant les JO avec la Corée du Sud, vues comme une menace directe par la Corée du Nord. Mais Washington soupçonne toujours Kim Jong-un de vouloir diviser les Etats-Unis et son allié sud-coréen. Séoul est tenté de s’affranchir de son protecteur, même s’il ne peut pas se passer du bouclier nucléaire américain face à l’arsenal nord-coréen.

Car, une fois les volutes de la flamme olympique dissipées, l’équation coréenne réapparaîtra dans toute son inextricabilité. La Corée du Nord ne renoncera pas de sitôt à l’arme nucléaire, comme le réclament les Etats-Unis. La bombe est l’assurance vie du régime nord-coréen, mais fait peser une menace insupportable sur la région et le monde. Les négociateurs des deux Corées sont encore très loin d’avoir abordé ce nœud gordien. Mais au moins un canal de discussion est-il de nouveau ouvert de part et d’autre du 38e parallèle.

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