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revue de presse

La mairie de New York vire à gauche, toute

Le démocrate Bill de Blasio devient le 109e maire de la Grosse Pomme. Il incarne une rupture nette avec la longue ère Michael Bloomberg et entrera en fonction au 1er janvier 2014. Les médias, maintenant, attendent de voir…

Voilà, c’est fait, et c’est une première depuis 1989, comme le relève USA Today: les New-Yorkais ont élu mardi comme prévu un démocrate, résolument ancré à gauche, pour remplacer leur maire milliardaire Michael Bloomberg, au pouvoir depuis douze ans. Bill de Blasio, un Italo-Américain de 52 ans marié à une Afro-Américaine, a littéralement écrasé son adversaire républicain, Joe Lhota, selon des résultats tenant compte d’un dépouillement presque terminé: 73% des suffrages contre 24% pour ce dernier!

Un gauchiste, donc. Et même, dans sa jeunesse, «un sandiniste» si l’on en croit son récent portrait – «qui a fait grand bruit» – brossé par le New York Times, lu et traduit par Courrier international: un «jeune homme débraillé» qui est «arrivé au Nicaragua en 1988» et «sortait du lot. Grand et parfois gauche, il tenait un discours décousu, truffé de références à Franklin Roosevelt, Karl Marx et Bob Marley.» Aux yeux du très conservateur et populiste New York Post, il a gagné comme Obama, avec des «utopies immatures» – son «babyish utopianism».

La dynamique familiale

Le melting-pot idéologique est intéressant, qui renvoie à la dynamique de sa famille moderne, métissée, pilier de sa campagne: son épouse à la bixexualité assumée, la poétesse Chirlane McCray, et son fils Dante – coiffure Angela Davis 1970 –, sa fille Chiara. Il caracolait en tête des sondages bien avant ce scrutin, «porté par un discours résolument de gauche et une famille qui incarne parfaitement la diversité de la Grosse Pomme», aux yeux de France 24: «une gauche décomplexée».

«A peine élu, Bill de Blasio est déjà le plus grand maire de l’histoire de New York, s’amuse Le Monde. Avec son mètre quatre-vingt-quinze, il dépasse de cinq centimètres John Lindsay, qui occupa son fauteuil de 1966 à 1973. Sur la couverture du New York Magazine du 4 novembre (ci-dessus), ses bras, qui n’en finissent pas, n’ont aucun mal à enlacer sa femme, noire, et ses deux adolescents: une vraie pub «United Colors of Benetton». Pendant toute la campagne, le futur vainqueur de l’élection du 5 novembre a fait de sa famille son meilleur argument.»

Sus aux inégalités!

Le Washington Post relève, lui, que l’élu représente «l’avènement d’une ère de gouvernance libérale militante», annoncée comme axée sur la réduction des inégalités dans la plus grande ville des Etats-Unis, qui a un «besoin de profonds changements progressistes et de s’éloigner des politiques de l’époque Bloomberg». C’est le principal «challenge» qu’il dit s’être fixé, comme le décrit le Financial Times.

Alors, le changement selon de Blasio, c’est quoi? Réponse dans Le Figaro: «En promettant des hausses d’impôts pour les plus riches et la fin du profilage racial (stop and frisk) du NYPD, en surfant sur la vague du mouvement «Occupy Wall Street», dit des «99%», il n’aura au final fait qu’une bouchée du candidat républicain. […] Humble, de Blasio a préféré réserver ses commentaires pour la journée de mercredi, annonçant qu’«il y aurait des choses à dire», notamment sur la composition de sa future équipe au City Hall, et prévenant qu’il faudrait «se mettre rapidement au travail».»

A juger sur pièces

Libération pense aussi qu’il incarne «une rupture nette avec Michael Bloomberg. […] C’est précisément pour cette raison qu’il a été élu. Les électeurs que l’on rencontre le répètent: avant toute chose, ils voulaient que l’ère Bloomberg se termine. La suite, sous Bill de Blasio, ils attendent de la juger sur pièces, à partir de janvier prochain.» Mais on a affaire ici à «un socialiste convaincu», selon Die Welt. Qui remporte une victoire avec «un message progressiste» qui a fait mouche, aux yeux d’El País.

Mais «quelle incroyable réussite pour ce médiateur de la ville de New York depuis 2010, une charge qui, si elle reste assez méconnue, y compris des New-Yorkais, s’avère extrêmement stratégique»! analyse le site Rue89/Le Nouvel Obs: «En cas de défaillance du maire, c’est en effet à l’ombudsman qu’il revient de prendre les commandes de la cité. Second dans la hiérarchie municipale, le rôle d’intermédiaire se révèle également être une position idéale pour nouer des contacts, art dans lequel le sympathique «défenseur de la classe moyenne et ouvrière» excelle.»

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© Gabioud Simon (gam)