Le Mal de vivre est à mon sens l’une des plus belles chansons de Barbara; elle y narre avec une infinie poésie les épisodes de dépression dont elle a souffert toute sa vie, pointant l’enfermement qu’ils entraînent: «Ils ont beau vouloir nous comprendre/Ceux qui nous viennent les mains nues/Nous ne voulons plus les entendre/On ne peut pas, on n’en peut plus.» Elle évoque aussi l’issue fatale qui guette tous ceux qui, comme elle, souffrent de ce mal pernicieux: «Et tous seuls dans le silence/D’une nuit qui n’en finit plus/Voilà que soudain on y pense/A ceux qui n’en sont pas revenus.»

Avec la deuxième vague du Covid-19, c’est la société entière qui vit l’expérience du mal de vivre. Une étude récente indique qu’en France la proportion des adultes souffrant d’état dépressif ou anxieux a doublé: elle atteindrait aujourd’hui 20% de la population, ce qui est tout simplement énorme!