En pleine tempête autour de son projet de réforme de loi du travail, la ministre Myriam El Khomri a dû, mardi, annuler ses rendez-vous pour passer des examens médicaux. Son entourage a évoqué un «petit malaise». L’affaire a fait grand bruit et les langues se sont déliées, révélant combien le sexisme est encore bien ancré dans les mœurs politiques et combien d’atours il peut revêtir.

Il est ordinaire chez le député socialiste Yann Galut qui, après avoir souhaité un prompt rétablissement à la ministre du travail, se demandait «si elle était bien taillée pour le job». Sous-entendu: passons maintenant aux choses sérieuses.

Il y a le sexisme biologique de Nicolas Beytout, éditorialiste de l'«Opinion» qui parle d'«indisposition», comme on le dit des femmes qui ont leurs règles, renvoyant la ministre à sa nature de femelle sujette aux humeurs hormonales.

Il y a le sexisme paternaliste et semeur de zizanie de Jean-Marie Le Guen qui explique que «la jeune ministre» a été «fragilisée» par les attaques de son propre camp politique, y compris de la part des femmes. Oh les vilaines! Rien à voir bien sûr avec les pressions du premier ministre, dont Le Guen dépend directement.

Il y a l’étrange sexisme anti-sexiste de Ségolène Royal qui, sous couvert de féminisme, déplore le manque de solidarité féminine à l’endroit de Myriam El Khmori. Mais pour la sauver elle, pièce maîtresse du dispositif gouvernemental, elle est prête à blâmer toutes les autres, celles qui ne marchent pas droit.

Enfin, il y a le sexisme patapouf de Francois Hollande qui voulant flatter la compétence de sa ministre et minimiser l’impact de son malaise sur l’opinion publique, parle, lui, «d’accident domestique». S’est-elle prise les pieds dans le fil de l’aspirateur? Pas à ma connaissance.

François Hollande aurait-il utilisé la même expression si Manuel Valls, dont le visage crispé et le teint rubicond évoquent de plus en plus l’émoticône fâché de Facebook, avait glissé dans la douche? Car c’est ce qui s’est passé. Myriam El Khomri a glissé dans la douche.

Reste à savoir si c’était sur une savonnette ou une peau de banane.

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