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L’élection présidentielle française sonnera-t-elle l’heure du sursaut communautaire, ou donnera-t-elle le coup de grâce après le Brexit?
© LEON NEAL / AFP PHOTO

EDITORIAL

Le malaise européen dans le miroir français

L’Europe retient son souffle, tandis que la campagne officielle pour l’élection présidentielle française commence ce lundi. Rarement une campagne électorale aura posé autant de questions aux partenaires de Paris

L’Europe retient son souffle, tandis que la campagne officielle pour l’élection présidentielle française commence ce lundi. Caracolent en effet en tête des sondages l’adversaire la plus absolue de la construction européenne, Marine Le Pen, qui veut refermer les frontières et sortir de l’euro, et son partisan le plus fervent, Emmanuel Macron, qui veut renforcer le gouvernement de l’Union et augmenter le contrôle citoyen sur ses décisions.

Les Hauts-de-France, nouveau nom des départements du nord de la France, représentent un laboratoire de choix pour analyser les ambiguïtés françaises et mesurer l’enjeu décisif de ce scrutin, comme le montre notre enquête. Car cette région historiquement europhile, à une heure à peine en TGV de Bruxelles, Paris ou Londres, a beaucoup profité des fonds européens pour se refaire une santé économique. Or, depuis dix ans et sans faiblir, elle accorde entre 30 et 40% de ses voix aux europhobes du Front national.

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Le rejet de Bruxelles n’est de loin pas la première raison du vote pour l’extrême droite. Mais, sur place, Le Temps a pu vérifier que l’euro et la liberté de circulation sont désormais perçus comme des menaces par un grand nombre de citoyens. Au lieu de faciliter les échanges, la monnaie unique a bloqué le niveau de vie. Calais porte les stigmates de toutes les hontes et reculades des Vingt-Huit. Et l’Union érigée pour protéger ses peuples est devenue une place d’armes où les vieux pays souffrent de la concurrence des nouveaux. L’UE est coupable à la fois de dirigisme et d’indécision, de manque de souffle et d’attention aux détails.

Particularité nationale, elle souffre aussi en France du hold-up de ses politiciens, souvent enclins à s’attribuer le mérite de telle ou telle subvention, passant sous silence le travail invisible de Bruxelles. L’Union devrait mieux faire savoir ce qu’elle fait. C’est une leçon d’ailleurs que les partisans en Suisse d’une relation détendue et profonde avec l’Union devraient retenir.

L’élection présidentielle française sonnera-t-elle l’heure du sursaut communautaire, ou donnera-t-elle le coup de grâce après le Brexit? Rarement une campagne électorale aura posé autant de questions aux partenaires de Paris. A une époque où l’imprévisibilité américaine s’ajoute à la montée des nationalismes, il est vital que les décideurs européens clarifient le malaise des eurodéçus.

Pour rester un formidable rempart contre la guerre et un tremplin économique, l’Union doit rapidement et profondément «se transformer», selon les mots d’Emmanuel Macron. Elle doit se redonner un but, une âme, et les moyens d’avancer. On mesure combien ce devrait être aux peuples européens de décider de ce nouveau cap, sans délégation à leurs chefs. C’est bien sûr une des faiblesses congénitales de l’Union. C’est un des messages que la Suisse pourrait porter.

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