Le prix du pétrole n'est plus ce qu'il était. Jeudi soir, le baril valait à peine 65 dollars. Début juillet, il planait au-dessus de 145 dollars.

Entre-temps, la crise financière a vidé les poches des spéculateurs qui avaient poussé l'or noir à ce niveau record. Et le ralentissement de l'économie réelle a fait fondre la demande. Hier, les Etats-Unis ont annoncé que leur richesse nationale avait diminué de 0,3% au troisième trimestre. Un chiffre un peu meilleur qu'attendu, mais qui confirme leur prochaine entrée en récession.

La folle chute du prix du pétrole, que les pays producteurs combattent en vain, devrait donc se poursuivre. A court terme, elle constitue une excellente nouvelle. Parce qu'elle modère l'inflation. Les automobilistes s'en rendent compte à chaque plein d'essence; encore que les profits publiés hier par les «majors» laissent supposer que la baisse des cours mondiaux n'a pas été immédiatement répercutée sur le prix à la pompe.

Autre bonne nouvelle, le ralentissement de l'inflation va permettre aux banques centrales, en particulier en Europe, de baisser leurs taux d'intérêt. Cela ne peut que soutenir l'activité.

A plus long terme cependant, un baril bon marché supprime la principale incitation à opter pour des carburants propres. S'y ajoute le contexte de la crise, qui pousse à parer au plus pressé. Voilà deux bonnes motivations, hélas, pour remettre à plus tard les investissements en faveur des énergies renouvelables, dont la planète a pourtant besoin.

Pour se consoler, on se réjouira que le désastre écologique causé par l'extraction du pétrole des sables bitumineux canadiens bénéficie d'un sursis. Le cours actuel du baril ne rend plus cette exploitation rentable.

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