La Suisse est surprenante. Conservatrice, pour les questions fiscales et institutionnelles. Libérale, sur des thématiques sociétales comme la politique de la drogue ou le mariage pour tous. A propos des couples de même sexe, l’ouverture est arrivée plus tardivement que dans les pays voisins. Toutefois, le monde politique ne s’est pas arrêté à ce premier pas. Il a eu le courage de soutenir la procréation médicalement assistée (PMA).

Ainsi, si la majorité de la population vote le 26 septembre en faveur de cette réforme du Code civil, l’adoption conjointe pour tous les couples sera enfin possible, tout comme le don de sperme pour les couples lesbiens.

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Toutes ces mesures progressistes incarnent l’égalité et la liberté. Ce n’est pas à l’Etat de dicter aux femmes et aux hommes comment organiser leur vie privée et familiale. «Le mariage pour tous» marque aussi une véritable reconnaissance de la différence, de l’altérité. Tous les hommes, toutes les femmes ont les mêmes droits et devoirs quelle que soit leur orientation sexuelle.

Quelle évolution! Il y a peu, les homosexuels n’osaient pas afficher leur amour au sein de leur famille, auprès de leurs amis ou simplement dans la rue. Bien sûr, n’idéalisons pas la réalité. De nombreux jeunes vivent encore des situations très difficiles, et l’acceptation varie selon les milieux et les régions d’origine.

Affiches nauséabondes

L’homophobie n’a malheureusement pas disparu. Dans un premier temps, cette campagne de votation a d’ailleurs été digne et a permis un véritable débat de société. Nécessaire. Les Eglises y ont participé également. Avec toutefois le désagréable sentiment que l’Eglise catholique n’est plus en phase avec la majorité de ses fidèles, beaucoup plus ouverts à l’évolution de la société.

Malheureusement, des affiches nauséabondes ont été accrochées ces derniers jours dans les villes suisses par le comité «Non à l’enfant-objet», dont le porte-parole n’est autre qu’Oskar Freysinger, issu du seul grand parti de Suisse combattant officiellement cette réforme sociétale. Espérons qu’elles n’expriment que la panique de certains opposants qui ne parviennent plus à faire entendre leurs propos rétrogrades.

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Le «mariage pour tous», c’est aussi la reconnaissance d’une réalité encore trop souvent niée ou cachée: en Suisse, plus de 30 000 enfants vivent dans des familles arc-en-ciel. Et la très grande majorité de ces histoires de vie sont belles.

Les enjeux de ce scrutin dépassent nos frontières. Un large soutien serait un message fort à destination de tous les pays où l’homosexualité est encore considérée comme un crime.

En vidéo: «Mariage pour tous»: le débat de la rédaction