Sur le gril

Marielle Pinsard, le steak d’Amazone

Une femme aux commandes du barbecue? Tous les lundis de l’été, notre chroniqueur joue avec ce feu qui grille la viande

Lorsqu’elle a acheté son barbecue avec une amie, l’auteure et metteuse en scène romande Marielle Pinsard a pu constater une gêne de la part du vendeur. «Il avait l’habitude de servir des couples et de s’adresser à l’homme. Du coup, il ne savait pas à laquelle de nous deux parler. Qui allait griller? Qui allait tenir le manche? Le pauvre, il était perdu…»

Entre deux productions pour la scène, Marielle Pinsard s’adonne aux plaisirs du barbecue. Un domaine masculin, le gril? Gare à celui qui viendrait lui donner des conseils de cuisson pour ses steaks T-Bone. Le BBQ, c’est sa chasse gardée. «Je n’ai rien contre un homme qui préparerait une sauce béarnaise. Ou alors, à la rigueur, je tolère qu’il grille les saucisses J’ai horreur de le faire moi-même, ça fait de la fumée et ça pue…»

Du bœuf, oui, mais polonais

Elle réserve ses soins maniaques aux pièces de viande nobles, pour lesquelles elle est prête à se ruiner (en ce moment, le bœuf polonais la fait fondre). Faudrait-il laisser les hommes s’occuper de la broche sous prétexte que «cela leur fait plaisir»? Elle trouve l’argument infantilisant. Comme si l’on demandait à une femme de retourner à ses fourneaux.

Sur son balcon lausannois, Marielle Pinsard a installé son modèle de four Weber offrant de multiples possibilités de cuisson. Elle envisage de suivre un cours pour se perfectionner dans son maniement, chez Hobby. Pas de chance, il est 9 heures du matin lorsque nous nous rencontrons. Pour faire l’expérience de ses talents, il faudra repasser, un soir. On amènera la sauce.

Sa passion, elle la doit à ses années new-yorkaises. Car pour se faire des amis dans la Grosse Pomme, deux options s’offrent à vous: avoir un chien ou faire des barbecues. Sinon vous êtes cuits. Le gril, là-bas, est une fête. Mais d’homme aux fourneaux, elle n’éprouva jamais le besoin.


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