Des secouristes du monde entier sont en train d’arriver, ce lundi à Katmandou, pour prêter main forte aux Népalais démunis, privés pour beaucoup de leur logement après le violent séisme qui a fait plus de 3200 morts à travers le pays. Partout, partout, sur tous les sites de presse du monde, le Toit du Monde est à la une. Avec ses deux correspondants, dont un à Katmandou, le Financial Times raconte le martyre, il est quasi insoutenable. Alors que le New York Times décrit l’angoisse qui a saisi le pays et ne le lâche plus depuis deux jours.

On n’avait pas vu cela depuis 80 ans, explique l’Indian Express, avec une carte détaillée de l’épicentre du tremblement de terre du 25 avril. Ce, alors que les scènes de désolation se multiplient, avec des photos déchirantes, comme celle à la une de l’Hindoustan Times cité par Courrier international, toutes ces images de gens en pleurs découvrant leurs morts sous les décombres.

Dans la capitale népalaise, la situation est dantesque, telle que décrite par le site indien Livemint, avec tous ces murs effondrés, ces monceaux de gravats qui recouvrent les rues et des gens hagards qui se fraient un chemin à travers les briques et les tuiles cassées. Ironie du sort, le magazine The Diplomat rappelait, trois jours avant le drame, que «par ses caractéristiques géophysiques, la région Asie-Pacifique est particulièrement vulnérable aux catastrophes naturelles».

«Pourquoi les Dieux ont-ils voulu ça?»

De fait, vu la configuration géomorphologique particulière du Toit du Monde, comme l’expliquent des scientifiques au Wall Street Journal, «certaines zones montagneuses du Népal restent inaccessibles, les routes étant coupées, et le travail des secouristes est encore compliqué par le mauvais temps et les nombreuses répliques», indique Radio-Canada. Les habitants viennent de passer une nouvelle nuit à l’extérieur, par un froid mordant, raconte Euronews.

«Nous n’avons pas le choix. Notre maison n’est pas solide. La pluie coule sur nous mais que pouvons-nous faire? demande au Soir de Bruxelles Rabi Shrestha, un commerçant de 34 ans qui campe sur le bord de la route. Je ne sais pas pourquoi les Dieux veulent nous faire autant souffrir», dit-il.

Sans compter plusieurs alpinistes, évoqués par le Times of India, qui racontent comment ils ont fui l’avalanche sur l’Everest: le Daily Mail propose une vidéo qui rassemble quelques témoignages. «Cette montagne, c’est trop de douleur», enchaîne Le Point. D’après Alex Gavan sur Twitter (@AlexGAVAN) , «un photographe et alpiniste roumain, de nombreux amateurs étaient en train de tenter l’ascension quand l’avalanche s’est produite»:

Pourtant, la catastrophe était prévisible dans ce pays qui y est «mal préparé», selon la Neue Zürcher Zeitung. Et prévue, toujours selon Courrier int’, qui relaie l’Hindustan Times: «L’Agence de l’ONU pour le développement international (USAID) évoquait déjà en 2012 la probabilité d’un séisme massif au Népal: pour les 28 millions d’habitants du pays, […] les tremblements de terre constituent le risque le plus élevé, et il s’agit tout particulièrement du risque d’un «Big one» qui inquiète les sismologues. Ce serait un séisme de telle ampleur – une magnitude de 8 ou plus – qu’il éclipserait tous les autres dans la région.» Il y a eu des précédents, en 1988 avec plus de 700 morts, et un autre, en 1934 – 10 700 victimes:

Peu de journalistes sont sur place. On sent la presse désemparée, selon France Inter, face au nombre de morts qui augmente à un rythme effrayant – on en est à plus de 3200 et plus du double de blessés – pendant que le pape François prie à Rome, lit-on dans La Repubblica, vidéo à l’appui. Ce bilan «est amené à s’aggraver, notamment dans les deux autres villes plus proches de l’épicentre, Gorkha et Pokhara. Il y a eu beaucoup de scènes de panique, de nombreux immeubles se sont écrasés, plutôt des bâtiments et des maisons anciennes, mais pas des rues entières. Et les hôpitaux sont restés debout», raconte à Libération Florence Daunis, de Handicap International, en cours de mission au Népal.

Tandis qu’à Madrid, El Mundo demande: «Quel Dieu a la réponse devant ce drame? Shiva, Ganesh ou le Bouddha? Quel Dieu pourra calmer la douleur, la rage et la solitude des survivants?» De plus, pendant que les Népalais organisent les rites funéraires que le Daily Telegraph évoque comme indispensables et rédempteurs, Le Parisien relève ce qui apparaît toujours comme un peu indécent au milieu des morts et des blessés: «Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, Katmandou aura bien du mal» à s’en relever: «Les monuments et lieux historiques de la capitale sont, pour la plupart, en ruines.»

Quant aux réseaux sociaux, indique le Spiegel, ils se révèlent être de nouveaux outils pour ceux qui ont des proches au Népal. Avec le «Safety Check» de Facebook et le «Person Finder» de Google, on dispose désormais de puissants relais d’informations privées.

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