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Reine des reines, Rubis (à droite) a pris le meilleur sur Lava, ce 1er mai à Aproz (VS).
© OLIVIER MAIRE

Revue de presse

Matchs épiques et «guéguerre» Vaud-Valais: les vaches d’Hérens créent l’événement

L’arène d’Aproz a sacré ce dimanche sa nouvelle reine, Rubis. Avec elle, la couronne revient en terres valaisannes. Ambiance et coulisses médiatiques

«Noces de Rubis dans l’arène d’Aproz»: c’est le titre de une, ce lundi matin, du Nouvelliste. Rubis qu’on écrit «Rubis», et non «Ruby», à l’anglaise ou à l’italienne, du nom d’un célèbre «Rubygate» berlusconien. Rien à voir donc: la reine des reines noires de ce dimanche, 761 kg, est aussi précieuse et dure à cuire que la pierre gemme dont elle porte le nom… à défaut d’être aussi rouge, sinon de rage de vaincre.

Lire aussi: Rubis sacrée reine nationale 2016 à Aproz

L’éleveur vollégeard Jean Moulin – ça ne s’invente pas – et son compère Henri-Bernard Glassey sont donc «à la noce», pour filer la métaphore. Ils ont remporté le titre de reine nationale de la race d’Hérens avec cette perle et – fait qualifié d'«exceptionnel» – «placé la jeune Datak à la deuxième place». Tous les ingrédients étaient «réunis pour faire de cette finale», dimanche à Aproz (VS), «un moment dont les quelque 10 000 spectateurs se souviendront.» Une ambiance folle, digne de la feria de Pampelune:

Dans l’ordre, il y a donc eu «une reine en titre déchue», Frégate, «une dernière lutte comme on en voit quasiment jamais» et «une décision du jury contestée par le public à propos d’un duel opposant une vache du Haut et une du Bas». Bienvenue en Valais. Car «les esprits resteront certainement marqués par la dernière lutte qui a opposé Datak de Jean Moulin, reine des primipares, et Surprise d’Angelo Fux, reine de troisième catégorie»: cette dernière «a été repoussée et est revenue… douze fois à la charge en faisant un tour sur elle-même.»

Douze fois! Douze fois, celle du Haut «a été dominée, sous les hourras, les vivats et les sifflets […]. Et la treizième, elle a chassé Datak…» Et les deux lutteuses se retrouvaient placées entre la corde et les barrières, après avoir chassé les photographes dans l’arène […]. Malgré ce dénouement, le jury a tout de même décidé de donner cette lutte à Datak.» Acclamations. Huées. Le Haut, le Bas. Matchs épiques, dont tous les détails sont à déguster dans Le Nouvelliste. Sur quatre pages spéciales qui éclipsent quelque peu l’autre événement du week-end dans le Vieux Pays: la volonté d’Esther Waeber-Kalbermatten de briguer un troisième mandat au Conseil d’Etat.

Et Frégate, alors? «La double reine en titre de l’éleveur d’Oulens-sous-Echallens Patrick Perroud a chèrement vendu sa peau […], mais n’a pu réaliser l’exploit de la passe de trois», écrit le rédacteur de 24 Heures, qu’on sent un brin déçu. Pensez! Déjà qu'une Vaudoise en terres valaisannes... Mais «pattes écartées et muscles bandés» n’y ont pas suffi. Seulement 7e, Frégate. D’ailleurs, ce n'était pas joli-joli, mais on a même assisté à «un début de bagarre entre supporters imbibés dans les gradins samedi suite à un drapeau vaudois exhibé». Question provocante du quotidien: «Les Valaisans n’auraient-ils toujours pas digéré le fait qu’une reine puisse appartenir à un Vaudois?».

Hum. Cela dit, il y a de vrais enjeux, dans cette compétition. Les commentaires sur la page Facebook «Aproz, Combat Des Reines!» sont là pour le prouver, exaltant le bonheur de tous ceux venus là braver la fricasse: «Ahhh, spannend… mais il fait froid!» On y aura même appris que «Comme les garçons» qui posaient sur les gradins coiffés de leurs chapeaux de cow-boys, ça se dit «Ca băieții», en roumain.

Mais revenons à nos bovins. «Lors de la pause de midi», par exemple, «plusieurs éleveurs valaisans étaient […] passés échanger quelques avis avec Patrick Perroud. Autour d’une raclette et d’un verre de johannisberg – la délégation vaudoise avait fait des efforts d’intégration – les langues se déliaient: «Ici tout le monde rêve de prendre la place de la reine. C’est un milieu où il y a beaucoup de jalousies», expliquait un éleveur. «Si tu veux avoir des ennemis, le meilleur moyen est d’acheter des vaches qui luttent», confirmait en rigolant son collègue.»

On rigole, oui, tout en se chipotant un peu, dans le fond. Et cette «guéguerre valdo-valaisanne» s’est trouvée magnifiquement incarnée par les propos d'«Ignacio Chollet – le comédien Vincent Kucholl au civil, venu tourner une séquence pour l’émission 26 Minutes: «Grâce à Frégate, on sait maintenant que ces culs de Vaudois peuvent aussi botter les fesses de ces sauvages de Valaisans.» Même Radio Rottu Oberwallis s’était passionnée pour le sujet:

Mais il ne faut pas rêver, amis vaudois. Une fois, c’est bon; deux fois, c’est trop; trois c’est inimaginable. A preuve, cette anecdote racontée par Le Matin: «A l’heure des pronostics, méthodes Coué ou parfaitement scientifiques à l’appui, aucun des éleveurs rencontrés ne voyait Frégate l’emporter une nouvelle fois.» En assurant toutefois: «Mais ça n’a rien à voir avec sa nationalité.» Alors trêve de chauvinisme mal placé et célébrons encore la gloire du sport, rien que pour le sport. Avec une salade de cornettes? regardez plutôt:

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