«Une très bonne raison de se réjouir!» A la mi-juillet, l’Office fédéral de la santé publique n’hésitait pas à s’auto-congratuler quant à l’avancée de la campagne vaccinale en Suisse, avec ce message dispensé à grand renfort de parts de gâteau servies sur la place Fédérale.

Sauf que voilà: le gâteau ressemble davantage à un dessert frelaté. Le nombre de personnes vaccinées en Suisse se situe en effet parmi les plus bas d’Europe. Avec 53,6% de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin, nous sommes loin derrière le Danemark (70,7%), le Royaume-Uni (68,6%), la Belgique (68%), ou encore l’Espagne (67%). Longtemps à la traîne, la France a considérablement augmenté son taux de vaccination à la suite des annonces d’Emmanuel Macron le 12 juillet. Si les chiffres plafonnaient à environ 50%, plus de 69,9% de la population peut désormais se targuer d’avoir été vaccinée au moins une fois.

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On peut certes critiquer la stratégie du bâton appliquée par la France, mais force est de constater que la carotte – ou le gâteau – ne suffit pas à séduire ceux qui doutent encore des avantages conférés par les vaccins face à la pandémie de Covid-19. L’idée de solidarité, véhiculée par des spots publicitaires mous et bon enfant, ne semble pas non plus faire son chemin. Résultat: la campagne de vaccination a subi un coup de frein massif ces dernières semaines, alors que le variant Delta, bien plus transmissible, est devenu largement majoritaire en Suisse.

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Sortir de la torpeur estivale

Rappelons-le: la vaccination représente une arme extrêmement importante pour lutter contre cette crise sanitaire qui ne cesse de se prolonger. Sans cela – et sur ce plan, nombre d’épidémiologistes s’accordent –, le SARS-CoV-2 ne disparaîtra pas, laissant possiblement la place à de nouveaux variants, plus résistants.

Soyons francs, il n’existe aucun avantage à faire courir le virus dans la population. Même chez les personnes auparavant en bonne santé, enfants inclus, le SARS-CoV-2 peut provoquer des symptômes neurologiques, de la fatigue ou un essoufflement susceptibles de perdurer des semaines, voire des mois. Selon une étude conduite par les Hôpitaux universitaires de Genève, 40% des personnes infectées par le Covid-19 souffriraient ainsi de ce qu’on appelle un covid long.

De quoi donner un goût sacrément rance aux douceurs offertes par les autorités fédérales qui – alors que les mesures incitatives ont montré leurs limites et que la campagne de vaccination risque bien d'essuyer un échec – feraient mieux de sortir de leur torpeur estivale pour revoir, rapidement, leur stratégie. 

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