Pour la plupart, il souffre surtout de défauts de communication et aucune activité illégale n’entache sa réputation. De ce fait, il n’y a aucune raison suffisante pour qu’il renonce à son poste, aussi difficile que cela puisse être de rester. Jamais un conseiller d’Etat PDC n’a quitté ses fonctions et cela apparaîtrait comme une marque de faiblesse. Au contraire, la posture d’un homme qui souffre le martyre mais tient bon pourrait finalement être positive pour l’image du parti, estiment-ils.

D’autres seraient soulagés qu’il quitte ses fonctions et que ces incendies cessent. Mais ils estiment que, quoi qu’il arrive, il n’y a aucune chance pour que le ministre prenne cette décision. Même si le Grand Conseil demande son départ la semaine prochaine pendant la session parlementaire et même si son propre parti le lui demandait. La raison en est essentiellement psychologique. Plus l’homme sera poussé vers la sortie et plus il s’arc-boutera pour rester. «La remise en question ne fait pas partie de son éducation traditionnelle et conservatrice, pas plus que la possibilité d’être contesté.» Un élu du peuple reste jusqu’au bout de son mandat pour accomplir son devoir.

Le parti semble donc avoir renoncé à l’éventualité d’une démission alors qu’il en étudiait les conséquences possibles il y a une année. D’un côté pour soutenir son ministre face à «l’injuste cabale» dont il fait l’objet, de l’autre par constat d’impuissance à ébranler ses certitudes. Les membres du parti sont par contre nombreux à estimer que Maurice Tornay devrait au moins annoncer rapidement qu’il ne sera pas candidat à sa succession en 2017. Pour eux, cela permettrait de tourner la page et d’aborder d’autres sujets pendant les campagnes politiques à venir. Mais c’est aussi un signal clair que, même pour le PDC, l’aventure a assez duré.

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