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Les maux des mots

Mauvais genre

Chaque mardi de l’été, notre chroniqueuse déjoue les pièges les plus courants et les plus retors de la langue française

D’où viennent nos atermoiements devant le genre des mots? Pourquoi hésite-t-on à qualifier certains termes de féminin ou de masculin? Sans se soucier de leur étymologie, il est étrange de constater que pétale et ovule s’accompagnent d’un déterminant viril alors qu’acné et haltère appartiennent au gynécée des noms communs.

Notre époque est paradoxale, et cela se reflète dans l’orthographe; d’un côté, on accentue les particularismes dans un souci d’égalité entre les sexes; de l’autre, la théorie du genre (humain, celui-là) tend à abolir cette distinction.

Pour éradiquer toute suprématie mâle, on assiste donc à la féminisation systématique des noms de métiers – ce qui donne des termes aussi gracieux que cheffe, pompière ou maçonne. Dans le même élan, l’apparition de l’écriture inclusive, tout aussi idéologique, fait se cabrer l’Académie française, qui s’insurgeait contre la complexité de la graphie «⋅e⋅» via son compte Twitter à la fin de 2017: «[…] devant cette aberration «inclusive», la langue française se trouve désormais en péril mortel».

Un homme sage-femme…

A l’inverse, la notion de «genre» tombe en désuétude, et son obsolescence est programmée par cette avancée sociétale qui voit la frontière entre masculin et féminin se diluer. Et finalement, un homme sage-femme ne devrait plus choquer l’opinion publique.

Alors pourquoi se torturer quant au genre de mots tels que viscère (m.), arcane (m.), urticaire (f.) ou tentacule (m.)? Ils devraient pouvoir être utilisés invariablement au féminin ou au masculin, à la manière d’enzyme, par exemple, substantif que l’on considère comme neutre ou… hermaphrodite, selon notre propre sensibilité.

Enfin, dans ce contexte, les mots «transgenres» – masculins au singulier, devenant féminins au pluriel – se retrouvent en plein dans la tendance: amour, délice et orgue, trois termes pionniers…

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