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Aux côtés de ses enfants, le candidat PDC a l'élection au Conseil d'Etat Luc Barthassat sort de son bureau pour se rendre a l'Hôtel de Villes, ce dimanche 6 mai à Genève.
© Martial Trezzini/Keystone

Revue de presse

Les médias commentent la fin de l'aventure Barthassat à Genève

La presse n'est pas tendre avec le magistrat sortant. «Grâce» aux lacunes du PDC intervenues durant la législature écoulée, la gauche reprend du poil de la bête, mais le conseiller d'Etat essuie tout de même une défaite cuisante

Trop tout: «Trop brouillon, trop bruyant, trop grossier», dit l’éditorial du Temps ce lundi matin. D'ailleurs, un portrait du magistrat PDC évincé ce dimanche du Conseil d’Etat genevois figure même à la une du quotidien… vaudois 24 heures. C’est dire si le couperet tombé sur le cou de Luc Barthassat lors du 2e tour de l’élection à l'exécutif cantonal ce dimanche, marque les médias, même au-delà de la Versoix. 20 minutes, lui, parle de «défaite cinglante» pour un homme «sèchement remercié par les citoyens».


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Si Le Matin éditorialise également sur «le perdant qui incarne le changement» avec cette «mauvaise nouvelle de plus pour un PDC en plein marasme à l’échelle nationale», le Forum radiophonique de la RTS évoquait dimanche soir un «revers sévère» pour cette «personnalité très controversée». Son pendant télévisuel, le 19h30, en a fait son titre de «une». «Le trublion» Luc Barthassat «largement distancé, c’est la sensation de ce scrutin»:

Le quotidien orange développe en écrivant qu’on a affaire à «l’échec d’un style, d’un mode de communication qui, en caricaturant un peu, reflétait dans les esprits ce Genève à la gouvernance et aux mœurs politiques folkloriques». Il a certes travaillé avec «sincérité», le perdant, mais il paie «très cher une image de légèreté et d’atypisme entretenue malgré les critiques».

Claude Ansermoz, le rédacteur en chef de 24 heuresdans son éditorial intitulé «Pierre Maudet for president, what else?» en forme de clin d’œil à celui de la Tribune de Genève, «Maudet à la mobilité. Qui d’autre?» – se demande si Luc Barthassat aurait «dû assister à la cérémonie des Vieux Grenadiers en shorts pour tenter de faire balancer le sort […] en sa faveur». Sa chute représente pour lui «l’aboutissement d’une drôle de campagne qui aura même vu, dans son dernier acte, les réseaux sociaux débattre pour savoir si Sandrine Salerno, ex-candidate socialiste, avait le droit de porter, au parc des Bastions, des pantalons qui ressemblaient à un legging pendant que Pierre Maudet, favori à la présidence de la même République, arborait dans le même temps jeans délavés et lunettes de soleil sans que personne ne s’en émeuve.»

Quant au Courrier, il se réjouit évidemment que la gauche reconquière «son troisième siège», mais se pose la question tout à la fin de son éditorial du jour: cette défaite du PDC, «est-elle due à la personne, à son bilan, ou aux deux?» Pour la réponse, prudent, il ne veut pas «spéculer sur les motivations des électeurs» et constate ici «les limites d’une politique de mobilité cherchant à satisfaire tous les modes de transport, dans un canton et à un moment où la mobilité douce devrait être partout privilégiée».

La Tribune de Genève dont le rédacteur en chef, Pierre Ruetschi, était également présent au «Forum des médias» sur La Première avec Laura Drompt du Courrier et Laurent Keller de Léman Bleu – réagit à l’optimisme ambiant né du rééquilibrage qui promet de meilleures harmonies politiques au bout du lac en notant que «le collège est allégé de l’erratique et ingérable Luc Barthassat, aux insuffisances flagrantes».

La «Julie» propose également un minidossier sur cette «mobilité, un dicastère à risque pour son titulaire». Car «Luc Barthassat n’est pas le premier ministre» à y échouer. «Le démocrate-chrétien quitte le Conseil d’Etat après un mandat, tout comme celle qui l’a précédé, la Verte Michèle Künzler. A l’instar de la sécurité, la mobilité peut faire figure de tombeau de Toutankhamon de la politique genevoise. A l’image des égyptologues du siècle dernier, les magistrats qui s’occupent des déplacements sont, plus souvent qu’à leur tour, frappés par un mauvais sort.»

Olivier Emery, dans son blog hébergé par le même quotidien, juge que la défaite surprend par son «ampleur cuisante». En 2013, pourtant, le PDC avait «un bon candidat, […] issu du toujours très influent monde agricole ainsi que d’une famille particulièrement respectée et appréciée». Mais «gouverner n’est pas facile. Il faut des qualités exceptionnelles: un sens de l’intelligence tactique et une bonne culture juridico-psychologique. Inévitablement exposé aux médias, les lacunes paraissent au grand jour en cours de législature. Comme Isabelle Rochat en 2013, Luc Barthassat est sanctionné par le vote populaire en 2018.»

Le Dauphiné libéré, lui, résume les choses ainsi: «Il a beaucoup promis, retiré des projets gênants prévus de longue date et coupé des rubans. Dans l’entre-deux-tours, Luc  Barthassat a été plus «barthassien» que jamais. Mais cette comm' à tout va n’aura fait que renforcer son image d’homme énergique certes, mais brouillon dans la gestion des dossiers.» C’est sans doute aussi ce que voulait déjà dire le site Largeur.com au lendemain du 1er tour, en prétendant que «l’Evangile selon saint Luc […] n’est pas toujours facile à suivre».

Cela n'empêche pas que sur la page Facebook de l’intéressé, les messages d’encouragement pullulent. A l’instar de cette internaute qui écrit: «Alors ça, c’est vraiment une triste nouvelle, je ne comprends vraiment pas comment c’est possible… Merci pour tout ce que tu as fait, moi qui suis très active sur les réseaux sociaux, je crois que je peux confirmer n’avoir jamais suivi un conseiller aussi dévoué, sincère et proche du citoyen. Un chapitre de notre politique suisse merveilleuse se ferme et d’autres aventures t’attendent.»

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