On le sait, mais on le répète… L’équipe de football du Portugal n’a pas le choix: si elle veut se qualifier directement pour la Coupe du monde en Russie l’an prochain, elle doit l’emporter contre la Suisse – actuellement en tête du groupe B – qu’elle reçoit ce mardi soir au stade de Luz, à Lisbonne, où sont attendus plus de 65 000 spectateurs. Pour la Nati, un nul suffirait. Autant donc dire que Ronaldo et ses coéquipiers ont affaire à un match couperet, où tout le pays attend qu’ils s’imposent.

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Alors, qu’en disent les médias lusitaniens, prompts à compter sur le meilleur joueur du monde et un team champion d’Europe en 2016? Ils n’envisagent naturellement aucun autre scénario qu’une victoire claire contre Stephan Lichtsteiner et consorts. Qui enverrait le onze helvétique en match de barrage malgré son brillant parcours en phase de qualification jusqu’ici – 9 matchs joués, 27 points engrangés, contre actuellement 24 pour les Portugais.

Ainsi «CR7» se dit «prêt» à la une du quotidien sportif A Bola, ce qu’il a également déclaré lundi sur Twitter et sur Facebook, avec une photographie qui ne laisse guère de doute sur sa conviction que lui et son équipe ne devraient faire qu’une bouchée de ces jeunes présomptueux descendus des Alpes: on va voir ce qu’on va voir, n’est-ce pas?

Il y a deux solutions: «Gagner ou gagner.» La formule du sélectionneur portugais Fernando Santos, notamment relayée par le Correio da Mañha, fait mouche. Celui-ci considère qu’à domicile, son équipe est favorite et qu’elle «donnera une réplique très forte» aux Suisses. S’il y a cependant «des moments moins positifs» – et il semble penser qu’il y en aura – «il faudra de la rigueur et de l’organisation». «Nous serons l’équipe compétente que nous avons été jusqu’ici. Je crois au caractère de mes joueurs, à leur esprit compétitif», souligne-t-il. Mais il sait bien aussi que Petkovic, l’entraîneur des Helvètes, visera davantage que le nul, comme il le dit dans le même journal.

«Tuer ou être tué»

Público rappelle pour sa part «la défaite inexplicable en Suisse, au début des qualifications pour la Coupe du monde 2018 il y a treize mois». C’est «l’occasion», aujourd’hui, «de corriger ce faux départ». Le choix est simple: c’est «tuer ou être tué». «Mais la mission portugaise sera tout sauf simple, comme en témoigne le fait qu’il n’y a que deux équipes victorieuses à 100% dans les qualifications européennes pour la Coupe du monde: l’Allemagne et la Suisse.» Cette dernière, reconnaît Santos, «est un adversaire difficile»: «Nous allons faire face à une très grande équipe, de qualité.»

Ce quotidien fait aussi le portrait de celui qu’il nomme «le Messi des Alpes», Xherdan Shaqiri. Celui dont il faudra se méfier, oubliant au passage que, désormais, pratiquement n’importe quel joueur de la Nati peut marquer, ce qui a permis cette pré-qualification que la presse lusitanienne dit «brutale», selon les mots du sélectionneur Santos. Lequel précise, dans le Jornal de Notícias, que la Nati représente «um adversário fortíssimo».

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