Revue de presse

Les médias rendent hommage à Patrick Baumann, l’homme qui avait tant d’amis

La disparition précoce et brutale, en Argentine, du président de la FIBA et membre du Comité international olympique laisse un immense vide dans le cœur des sportifs. Des basketteurs tout particulièrement

«Todes-Drama schockt Olympia-Komitee», titre un site d’une télévision autrichienne. Il n’est pas le seul à subir le choc: tous les médias sont d’accord pour partager une très grande tristesse après la mort de Patrick Baumann, le président du comité d’organisation de Lausanne 2020, décédé brutalement dans la nuit de samedi à dimanche lors de son séjour à Buenos Aires, en Argentine, pendant les Jeux olympiques de la jeunesse. Figure centrale du mouvement olympique et du monde du basketball, le Bâlois de 51 ans est mort d’une crise cardiaque.


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C’est «triste et choquant» pour le site Basketsession.com, puisque le Suisse était aussi le secrétaire général de la Fédération internationale de basket. La FIBA déplore ainsi que ce sport très populaire ait «perdu un leader, un défenseur et un ami tout acquis à sa cause. […] Dans ces moments tragiques, toutes [ses] pensées» vont à son épouse et à ses deux enfants. Tout comme celles du conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba, qui lui a rendu un long hommage, très ému, dans le Forum radiophonique de la RTS dimanche soir.

«Investi dans le basket suisse comme coach et arbitre», Patrick Baumann «avait rejoint la FIBA après ses études de droit, dès 1994, indique le site Basketusa.com. Grimpant petit à petit les échelons, il avait été élu secrétaire général en 2002, un poste où il avait été prolongé jusqu’en 2031. De plus en plus influent au CIO, dont il était membre depuis 2007, il avait notamment supervisé la candidature conjointe de Paris et Los Angeles pour l’organisation des Jeux olympiques de 2024 et 2028.» Tout le monde rappelle qu’il était pratiquement le successeur désigné de Thomas Bach à la tête du CIO.

Le président de Paris 2024, Tony Estanguet, justement, lui rend aussi un bel et grand hommage dans L’Equipe. «On n’a rien vu arriver, dit-il. C’est terrible de partir comme ça, de laisser ses proches, de laisser le monde du sport… Il avait su nouer nombre de relations. Ce n’est pas si facile dans le monde international d’avoir autant d’amis. […] Pour moi, c’était hyper-inspirant de le connaître. Il avait une image qui faisait du bien au sport international parce qu’il était à la fois charismatique et en même temps très ouvert, très disponible, moderne dans sa conception du sport. […] Pendant la candidature, il était de bon conseil sur notre équilibre entre sport et politique. Ce n’était pas simple, on avait beaucoup d’interlocuteurs, beaucoup d’acteurs, il était là pour m’aider, pour me conseiller, m’inciter à garder les athlètes au cœur du projet.»

En Amérique latine, où a eu lieu le drame, les médias, particulièrement les argentins, répercutent aussi le choc entraîné par cette nouvelle et racontent en long et en large la carrière de cet homme dont tous les commentateurs s’accordent à dire qu’elle fut exemplaire. C’est aussi «l’homme qui a tout fait pour le basket», fait remarquer le quotidien sportif de référence Marca, en Espagne.

Tout? Il avait en tout cas énormément fait pour «rendre les compétitions internationales plus incisives et uniformiser le jeu d’un hémisphère à l’autre», expliquait en 2008 déjà le New York Times, alors relayé par Courrier international. Même si ce sport semblait alors «évoluer vers le modèle américain» de la NBA, ce n’était pas «l’impression qu’avait le comité de la FIBA», expliquait alors Patrick Baumann. «Le comité avait selon lui des objectifs bien plus larges que la simple standardisation des compétitions. Il y avait un peu trop de monde sous le panier», ajoutait-il non sans humour. L’uniformisation n’était, selon lui, que «la cerise sur le gâteau».

Quoi qu’il en soit, outre son amour inconditionnel du basket que louent tous les médias, c’est aussi «un ténor du monde olympique» dont la voix s’est tue, titrent la Tribune de Genève et 24 heures. «A chaque difficulté, c’est lui qui était appelé à la rescousse», y rappelle Philippe Leuba.

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