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Même les moines bouddhistes deviennent obèses

Notre chroniqueuse se penche sur le problème mondial de l’obésité qui augmente le risque de diabète, de maladies cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et de certains cancers. Même les moines bouddhistes au Sri Lanka et en Thaïlande souffrent d’obésité!

Les moines bouddhistes sont généralement représentés comme maigres et en bonne santé. Cependant au Sri Lanka et en Thaïlande, un grand pourcentage des moines sont obèses et la moitié d’entre eux développent du diabète et des maladies cardiaques.

Il y a 40 000 moines au Sri Lanka, où le bouddhisme est la religion de la majorité des 20 millions d’habitants. Proposer de la nourriture est censé porter chance non seulement dans cette vie mais aussi dans la prochaine. Offrir un petit déjeuner, un déjeuner nécessite beaucoup de préparation et les temples sont habituellement surbookés. Les fidèles doivent parfois attendre un an pour obtenir une ouverture dans le calendrier d’un temple. Récemment, le gouvernement du Sri Lanka a émis de nouvelles lignes directrices pour ces fidèles: les aliments qu’ils offrent aux moines doivent être à faible teneur en matières grasses et en sucres.

Même constat en Thaïlande, où près de la moitié des moines bouddhistes sont cliniquement obèses et où 40% souffrent de diabète et d’hypertension artérielle: ils imputent leur surpoids à un excès de douceurs offertes par les fidèles. Les moines quittent leur monastère tôt le matin, à pied, en file indienne, et en suivant le plus ancien moine. Ce sont des fidèles qui leur donnent à manger dans des bols. Bien qu’ils ne prennent qu’un ou deux repas par jour (leur dernier est à midi), ils consomment de grandes quantités de boissons gazeuses le soir, surchargées de sucre. Les autorités thaïlandaises ont décidé que les moines ont besoin d’un régime alimentaire plus sain.

Il est assez incroyable que nous ayons passé des milliers d’années à nous inquiéter de ne pas avoir assez de nourriture, et que maintenant notre principale préoccupation soit de ne pas trop manger! En général, l’histoire de la santé humaine est encourageante. L’espérance de vie a augmenté globalement de douze ans pour les femmes et onze ans pour les hommes de 1970 à 2010. Cependant, une plus grande longévité signifie que les gens passent plus d’années à souffrir de maladies chroniques. L’obésité aggrave le problème, en augmentant le risque de diabète, de maladies cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et de certains cancers. Dans une grande partie du monde, la principale cause de la maladie est d’être trop gras.

L’obésité n’est pas un problème limité aux pays riches. Grâce à la croissance économique, les gens à travers le monde mangent désormais trop. Le travail de bureau nécessite moins de calories que le travail dans les champs. Même en Chine, un adulte sur quatre était trop gros en 2008, et la moitié des adultes au Brésil étaient considérés comme obèses. Etonnamment, les taux d’obésité au Mexique, au Venezuela et en Afrique du Sud correspondaient à ceux des Etats-Unis. Et certaines des personnes les plus fortes du monde vivent dans les îles du Pacifique et les pays du Golfe.

Dans la plupart des pays, l’Etat couvre une partie ou la totalité des coûts des soins de santé, donc l’obésité de certains augmente ces coûts pour tous. Aux Etats-Unis, l’obésité est responsable d’un cinquième de la facture totale des soins de santé, dont près de la moitié est payée par le gouvernement fédéral. En outre, les coûts sociaux sont encore plus élevés, puisque l’obésité diminue la productivité du travail.

Aucune politique unique ne fera baisser les taux d’obésité. Il s’agit d’un problème biologique, social et économique complexe. En raison du vieillissement de la population, il y a une augmentation du taux de maladies chroniques et à cause de l’obésité, les budgets des soins de santé augmenteront encore plus. Si tout le monde sur cette planète avait la corpulence des Américains, ce serait l’équivalent… d’un milliard de personnes en plus!

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