La propagation de Covid-19 s’est soudainement accélérée à travers le monde. L’Organisation mondiale de la santé parle d’une «éventuelle» pandémie. Cette prudence oratoire vise à contenir tout effet de panique. Dans les faits, le phénomène n’en est pas moins global. Il rend concrète l’interdépendance dans laquelle s’est construite l’économie planétaire, au centre de laquelle la Chine pèse d’un poids extravagant. Il teste également la crédibilité de la parole politique, jusqu’en Suisse.

Au total, 78 000 personnes ont été contaminées, dans 30 pays, à l’heure où nous écrivons ces lignes. En dehors du foyer chinois, la Corée du Sud et l’Iran sont les deux territoires les plus atteints. En Europe, l’Italie est devenue le pays le plus touché du continent avec six décès en quarante-huit heures. La Péninsule compte désormais plus de 200 personnes contaminées, dont la grande majorité dans la seule Lombardie. Paralyser la région la plus industrieuse de l’Italie et contaminer des personnes dans de minuscules localités: difficile de trouver une image plus forte pour montrer que les échanges mondialisés irriguent la planète dans ses moindres recoins.