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Pierre Maudet dans «Genève à chaud», sur la TV locale Léman Bleu.
© Lemanbleu.ch ©

Du bout du lac

Merci Monsieur Maudet

OPINION. Des confessions sur Léman Bleu, la chaîne des Genevois? C’est, selon notre chroniqueur, rassurant sur l’avenir de la presse, dans toute sa diversité

Je ne vais pas vous mentir (il paraît que ça ne paie plus), j’aurais aimé que Pierre Maudet vienne s’expliquer dans Infrarouge, mercredi soir. On l’avait invité, vous pensez bien. Pierre Maudet peut-il tenir? Une heure d’émission sur l’avenir politique de l’animal, politique lui aussi. Il serait venu, aurait répondu à nos questions, il aurait fait face à ses détracteurs en direct. Contrition, gravité, tension… de la bonne télévision, diraient les Américains en anglais.

Mais non. Pierre Maudet a préféré faire son mea culpa sur Léman Bleu, chez Pascal Décaillet.

Je ne vais pas vous mentir, ça m’a un peu chagriné. Mais vous ne lisez pas cette chronique pour m’entendre pleurnicher. Et après tout, il est parfaitement compréhensible qu’en pleine tourmente, Pierre Maudet ait fait le choix de la sécurité. Si je vous raconte tout cela, c’est parce que ce choix m’a rassuré, sur un tout autre sujet. En préférant présenter ses excuses aux Genevois sur la «chaîne des Genevois», Pierre Maudet m’a rassuré sur l’avenir des médias. Dans la tourmente, eux aussi.

Lire aussi: Ces lignes rouges franchies par Pierre Maudet

Au moment où les futurologues de la chose médiatique chantent l’avènement du social et du réseau, le triomphe du capillaire et de l’horizontal, un homme politique pris la main dans le pot de confiture mise, pour se tirer d’affaire, sur un média pour ce qu’il représente, pour ce qu’il incarne dans notre univers mental. En faisant le choix stratégique de Léman Bleu, la chaîne des Genevois, Pierre Maudet nous rappelle que la fonction sociale de chacun de nos médias échappe aux médias eux-mêmes. Et donc, leur survivra.

L’exemple du «New York Times»

Au moment où Pierre Maudet choisit Léman Bleu, le ou les cadre(s) frondeur(s) de l’administration Trump font, eux, le choix du New York Times pour publier une tribune assassine sur leur président. C’est la même chose. Le ou les «résistant(s)» ne publient pas sur un blog ou sur Twitter. Ils choisissent le New York Times. Pour ce qu’il est, pour ce qu’il incarne. Ils ont mille autres moyens de toucher le plus grand nombre, là n’est pas la question. Mais le lieu de la tribune assassine, c’est le New York Times. Et s’il venait à disparaître dans son format actuel, les tribunes assassines se trouveraient un autre lieu, remplissant la même fonction.

Lire également notre éditorial: Le mince espoir de Pierre Maudet

Pierre Maudet et ses excuses, les frondeurs républicains et leurs tribunes, mais aussi Bob Woodward qui dénonce, la Tribune de Genève, Radio Lac ou Le Temps qui révèlent et Infrarouge qui débat: à mesure que la transition numérique, la crise publicitaire et le tout horizontal défient nos médias dans leurs modèles d’affaires, la réalité du monde réaffirme à tout bout de champ qu’elle ne peut pas se passer d’eux. Et ça, je ne vais pas vous mentir, ça me fait plaisir.


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