Revue de presse

Le messie Zinédine Zidane à la rescousse du Real Madrid

«Zizou» est attendu comme le sauveur qui permettra à une Maison blanche à la dérive de redresser la barre. Les médias espagnols mesurent le défi: c’est «l’Everest» qu’il lui faudra gravir!

Neuf mois après sa démission surprise, Zinédine Zidane a donc signé ce lundi un retour retentissant au Real Madrid pour remplacer Santiago Solari, l’entraîneur tristement discrédité. Avec un contrat jusqu’en 2022 et un objectif ambitieux, comme l’a révélé le quotidien sportif espagnol Marca: rebâtir une Maison blanche éjectée de la Champions League il y a à peine une semaine par l’Ajax Amsterdam, décramponnée au championnat d’Espagne et éliminée de la Coupe du roi. La totale.


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Tous ces échecs représentent un vrai cauchemar pour le club le plus titré du monde, humilié par ses ennemis de toujours, le Barça et l’Atlético, et décidément en singulier manque de lustre ces derniers mois. Il fallait redresser la barre. «¿Qué ha cambiado en el Real Madrid para que Zidane vuelva nueve meses después?»: «Mais qu’est-ce qui a changé au Real pour que Zidane revienne neuf mois plus tard?» se demande aussi Marca.

«C’est la grande question», répond-il. Il est toujours imprévisible, mais «Zizou» sait que «l’ambition a disparu du vestiaire», que cette équipe est «en panne et en larmes», avec une foule de problèmes à régler. Il savait surtout que les dirigeants des Merengue, le président Florentino Pérez en tête, claironnaient que «la seule personne qui pouvait y mettre de l’ordre, réinjecter de l’énergie et de la «gagne», n’était autre» que lui.

D’ailleurs, on lui a «promis le pouvoir absolu pour reconstruire une équipe qui n’est plus en mesure d’aspirer à aucun titre» cette saison, indique le quotidien As. Il aurait à peu près toute liberté d’engager n’importe quel joueur et «toute mesure adoptée par le sélectionneur français bénéficiera du soutien de la présidence». Pour ce faire, il aura droit à un salaire «à la hauteur», car avec son dernier contrat, «il ne faisait même pas partie des 10 techniciens les mieux payés dans le monde».

Pour El País, c’est «l’Everest» qu’il lui faudra gravir. Il revient cependant «avec du crédit et de l’autorité», Zinédine Zidane. Ses adieux au Real avaient eu un «effet dévastateur», mais c’étaient ceux d’«un stratège intelligent». Depuis, l’équipe «a été sous-capitalisée au cours de la dernière année», avec «de très jeunes joueurs, sans antécédents dans de grandes équipes». Tout cela «sonnait comme un échec», et aussi comme «un message à l’entraîneur français».

«Maintenant, il est de retour, et l’on ne peut pas dire que ce soit dans la meilleure des situations.» Cristiano Ronaldo parti, «Madrid suscite bien plus d’inquiétude que d’optimisme, mais Zidane a accepté le défi. Nous verrons si son astuce est à la hauteur de sa renommée. […] Son pouvoir illimité, cela signifie le contrôle total, un salaire de ministre et de prestigieuses signatures en ligne de mire.»

En fait, «Zidane n’est jamais parti, c’est «une tactique de génie», renchérit El Mundo: «Les deuxièmes mariages représentent la victoire de l’espoir sur l’expérience» et «les antimadridistes n’ont qu’à bien se tenir», à ravaler leurs qualificatifs dépréciatifs sur un entraîneur qui aurait été un mauvais «gestionnaire d’ego». Car «il bénéficie d’«un soutien blindé pour son plan de restructuration. Quand on vient vous rechercher, vous posez les conditions.» Et maintenant, «tout le monde est heureux, souriant, ému»: «Le Real, déprimé par l’effondrement prématuré de sa saison, en avait bien besoin, d’un retour comme celui-là», commente la Gazzetta dello sport.

Pour le journal sportif allemand Kicker aussi, «il n’était jamais vraiment parti. Résidant à Madrid, il a laissé un fils (Luca) en tant que gardien remplaçant de l’équipe et […] a toujours été présent ces dix derniers mois. […] Son œuvre d’art reste. […] C’est «le meilleur entraîneur du monde», dit son président. […] Avec Zidane, il aura maintenant le temps de se reposer […] et le «nouveau» coach n’a pas grand-chose à perdre. Son équipage est en panne, il s’est crashé. […] L’équipe avait besoin d’un nouvel élan, avait-il déclaré en 2018. […] Il a apporté les succès, mais il n’est pas responsable du crash» qui a suivi.

A lui de jouer, maintenant.

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