En plus des dégâts sanitaires, le Covid-19 provoque une intense fatigue au sein des populations. Le nombre de décès n’étant plus corrélé au nombre de cas «positifs», le sentiment de danger recule et avec lui la légitimité des mesures de précaution. Quarantaines, traçabilité, port du masque, ouverture des établissements sont autant de sujets de contestation et de révolte dans des sociétés lassées d’un ennemi qui ne tue plus. De partout monte la revendication d’un «débat démocratique» sur ce qu’il est juste ou faux de faire. Elle est portée avec véhémence, sur le ton de la colère ou de l’agacement, par des gens pas contents du tout.

Je veux bien que les droits de nécessité spontanément accordés aux gouvernements ce printemps fassent place à la nécessité du droit pour les mois à venir, afin de fixer qui a le pouvoir d’ordonner quoi à qui. Les parlementaires se montrent d’ailleurs pressés de reprendre leur place entre les experts de l’hôpital, les gouvernements et les électeurs.