Diplomatie 

La méthode «ouverte et connectée» de Suzi LeVine, future ex-ambassadrice des Etats-Unis

Très appréciée, l’ambassadrice des Etats-Unis à Berne, qui est sur le départ, a misé sur les réseaux sociaux durant son mandat. Elle restera un beau souvenir des années Obama en Suisse

Suzan LeVine ou la diplomatie 2.0. Au-delà des dîners mondains, des visites officielles et autres réunions de charité, la future ex-ambassadrice des Etats-Unis en Suisse et au Liechtenstein s’est distinguée par sa présence sur les réseaux sociaux tout au long de son mandat. Un terrain propice à une communication de proximité, intuitive et libérée des codes, mais qui peut aussi se révéler désastreuse si elle est mal maîtrisée. A la veille de son départ, le 20 janvier prochain, Suzi LeVine restera l’un des souvenirs les plus populaires de l’ère Obama en Suisse.

Identité rassembleuse

Hyperactive du clic, @AmbSuzi est aussi une «mère, promeneuse de chien et éternelle curieuse», comme le mentionne son profil Twitter qui compte quelque 4700 abonnés. Communiquer en tant que personnage public, c’est d’abord se forger une identité rassembleuse de manière à constituer une communauté. La démocrate de 47 ans l’a bien compris. En 2014, elle confiait au «Temps» voir les réseaux sociaux comme «le meilleur exemple de démocratie directe». Hommage au système politique helvétique.

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Soigner les symboles

Son entrée en fonction, en janvier 2014, donnait le ton: après avoir prêté serment sur une tablette, elle l’avait ensuite offerte au Musée de la communication de Berne. Issue du monde du marketing, l’émissaire s’est révélée plutôt douée pour «vendre» la Suisse à l’étranger. Alors même que les relations avec les Etats-Unis se sont refroidies avec la fin du secret bancaire, Suzi LeVine use d’un langage valorisant, multiplie remerciements et félicitations, tout en donnant dans les symboles. Chocolat, cor des Alpes et vaches d’Appenzell ponctuent ainsi son fil d’actualité Twitter. Sans oublier les symboles vivants, comme Lara Gut qu’elle remercie pour son attitude positive: «C’est ce dont nous avons tous besoin.»

Active sur tous les fronts, elle ne passe pas un jour sans tweeter sur la réussite suisse. Dans le domaine du tourisme, des technologies ou de l’innovation. Début 2016, elle soutient la gay pride de Fribourg, s’affiche en meeting chez UBS, auprès d’étudiants bernois, puis participe au test de fashion police à l’Ecole hôtelière de Lausanne.

Tout récemment encore, elle a prôné l’importance de la diversité aux conférences TedX et félicité les gagnants d’un concours de start-up organisé par Venture à Zurich: «Ces incroyables visionnaires, entrepreneurs, ingénieurs, ces visages du futur.»

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«Représentante de rêve»

Mais au-delà de sa promotion tous azimuts, a-t-elle vraiment compris la Suisse, elle qui aborde volontiers sa vie privée pour confier que «son secret est d’avoir épousé quelqu’un qui cuisine incroyablement bien» et qui a souligné l’importance des expatriés la nuit de l’élection de Donald Trump? De l’autre côté de l’Atlantique, un internaute en est persuadé: Suzi a été une «représentante de rêve». Sur sol helvétique, d’autres remercient son ouverture d’esprit et sa simplicité.

Au moment d’annoncer son départ – sur Facebook bien sûr – l’ambassadrice a tenu à préserver le lien avec sa «chère communauté virtuelle»: «J’ai beau quitter la Suisse, vous pouvez toujours me trouver en ligne (et à Seattle).» Loin des yeux, près du cœur?

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