Vous y avez pensé aussi, n’est-ce pas? Pendant qu’elle tenait LE discours de la campagne présidentielle 2016, vous avez aussi pensé que Michelle Obama ferait une excellente présidente des Etats-Unis? Ou cette idée, totalement saugrenue, est liée à mon immaturité (politique), ma sensibilité (féminine) et mon enthousiasme (légendaire)? Parce que, selon moi, elle a tout pour elle, Michelle. La pertinence, l’élégance, la conscience. Mais aussi la formation, la force et les idées. Et puis, c’est une bête de scène. Qui, dans ses allocutions, alterne avec un swing d’enfer les moments graves et le deuxième degré. «Michelle, ma belle, sont des mots qui vont si bien ensemble»… Comme beaucoup, j’ai pleuré pendant cette exhortation qui refondait un principe de dignité. Trump, qui est un âne, en plus d’être un cochon, a donné des ailes à la First Lady et Michelle s’est envolée. Ça plane pour elle, les commentaires d’admiration ne cessent d’affluer et ils sont mérités. Michelle, c’est le brio d’Hillary, sans les casseroles…

La partie que j'ai préférée

Mais les larmes d’émotion n’ont pas tout à fait noyé ma raison. Car la partie du plaidoyer que j’ai préférée, finalement, c’est, autour du quart d’heure, lorsque la First Lady a dit qu’Hillary Clinton était aujourd’hui plus qualifiée pour la fonction que ne l’étaient Bill et Barack au moment de leur élection. Concrètement, vu son parcours d’avocate à haut potentiel et de tous les postes qu’elle a occupés, notamment dans l’administration américaine, la future présidente des Etats-Unis (!) a plus de compétences avérées que les précédents démocrates déjà couronnés. «And yes she happens to be a woman», a conclu Michelle en levant le pouce en signe de ralliement. J’ai aimé, tellement aimé ce moment!

Une femme à la tête des Etats-Unis!

«Michelle for president». «Hillary for president». Une femme à la tête des Etats-Unis. «Yes they can!» Je me souviens qu’au retour d’un grand voyage en Inde et en Australie après la matu, mes amis collégiens m’avaient accueillie à l’aéroport avec des pancartes de bienvenue dont l’une, ironique, indiquait: «Mapi for president». Mapi, c’est mon petit nom, donc. Ils étaient joyeux et bruyants, j’étais amusée et gênée, l’instant était crépitant. Mais la politique est masculine chez moi. Mon père par le passé, mon neveu et mon frère aujourd’hui. Sans regrets. Trop de travail, trop de tensions, trop de soucis. Je préfère rêver. A des présidentes de qualité qui, j’espère, feront la fierté de leur pays et du monde aussi.

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