L'armée bientôt aux frontières pour refluer les migrants? C'est à lire dans Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung: les deux conseillers fédéraux UDC, Guy Parmelin et Ueli Maurer, ont prévu un plan d'urgence en cas d'afflux massif de réfugiés en Suisse, qu'ils proposeront mercredi à leurs collègues du Conseil fédéral. Ils envisagent notamment la mobilisation de l'armée aux frontières et le rétablissement des contrôles aux frontières. Un plan qui fait polémique écrit Le Matin, qui a déjà le soutien de la Lega, lit on dans la SonntagsZeitung, mais des résistances sont à prévoir du côté de Simonetta Sommaruga. Pour ne rien dire de l'Union européenne.

Les deux UDC pourront s'appuyer sur des chiffres tirés du SonntagsBlick: le conseiller d'Etat lucernois Guido Graf, un PDC, estime qu'il y aura jusqu'à 60'000 demandeurs d'asile en Suisse cette année, en raison de l'évolution des itinéraires des migrants au détriment de la Suisse. La Suisse n'y est pas préparée, déclare-t-il. La Confédération ne dispose pas de suffisamment de places d'hébergement et elle n'a pas assez financé les cantons en vue de l'intégration des réfugiés.

Six fois plus de contrôles en 5 ans! Le Service de renseignement de la Confédération a contrôlé près de 2,1 millions de personnes en 2015 (1,3 million voyageurs débarquant par avion et 730 000 demandeurs de visa) , afin de savoir si elles mettent en danger la sécurité intérieure de la Suisse, rapporte la Neue Zurcher Zeitung am Sonntag, c'est six fois plus qu'il y a cinq ans. Une menace potentielle a été établie pour 22 personnes, principalement en lien avec le terrorisme islamiste. Ce sont neuf requérants d'asile, neuf personnes qui auraient souhaité entrer sur le territoire suisse et deux candidats à la naturalisation.

A lire aussi dans la NZZ, une enquête sur la déradicalisation et le sauvetage des jeunes Suisses attirés par le djihadisme.

Enfants en danger. Surtout à ne pas manquer dans la NZZ, un passionnant reportage sur les écoles de plus en plus hétérogènes, confrontées à la diversité et où «le credo de l'égalitarisme commence à de désagréger». Les cours supplémentaires, le soutien spécifique aux élèves en difficulté, les séances de logopédie sont désormais dispensés de façon plus cachée. L'intégration à tout prix des élèves plus faibles, souffrant de handicaps ou de problèmes psychologiques pèse sur leurs camarades, prenant toute l'énergie des enseignants. La pratique contredit ainsi la recherche, note le journaliste. La santé mentale générale des enfants ne s'est pourtant pas  dégradée, disent les officiels. La question est posée: peut-être faudrait-il revoir cet impératif moral de l'inclusion.

Créativité au PS. Interrogé par la NZZ am Sonntag, Christian Levrat son président veut donner un nouvel objectif à moyen terme à la politique européenne suisse: l'«EEE 2.0», un accord multilatéral qui se situerait entre les bilatérales et l'adhésion à l'UE. «Nous avons besoin d'une solution qui va au-delà de bilatérales figées, sans avoir à adhérer à l'UE», explique-t-il dans la NZZ am Sonntag. Mais l'adhésion à l'UE reste un objectif à long terme dans le programme du PS, confirme Christian Levrat.

Money, money, money

Primes en hausse de 4%, menacent les assureurs. Dans la Schweiz am Sonntag, la faîtière des assureurs maladie Santésuisse revient sur la nouvelle structure des tarifs médicaux TARMED, en phase finale de négociation avec les médecins: il faut s'attendre à une augmentation des coûts de l'ordre d'un milliard de francs. Santésuisse prévoit en conséquence une hausse de primes de 4%.

«Des chefs gagnent des millions à ne rien faire»: enfin c'est Thomas Minder qui s'emporte ainsi dans les colonnes de la SonntagsZeitung, trois ans après l'acceptation de l'initiative «contre les rémunérations abusives» dont il était à l'origine. Aujourd'hui il dénonce les salaires accordés aux cadres supérieurs, citant Holcim, Zurich; selon lui, plusieurs entreprises contournent l'initiative par des astuces comme les bonus d'entrée et de sortie. L'initiative avait pourtant prévu, et interdit, ce type d'échappatoires. Ce qui se passe maintenant est «une violation flagrante de la Constitution», «une impertinence inouïe».
 

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