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Emmanuel Macron et Angela Merkel en conférence de presse. Meseberg, 19 juin 2018.
© Ludovic Marin/AFP PHOTO

Editorial

Moins de migrants, plus de nationalistes

ÉDITORIAL. L’Europe ouverte est menacée par l’extrême droite, qui engrange les succès en prônant le retour des frontières nationales pour stopper les migrants. Berlin et Paris se mobilisent pour trouver une solution

L’an dernier, le nombre de demandes d’asile déposées en Europe a chuté de 44%, selon des statistiques européennes publiées lundi. Après un pic atteint en 2015, avec plus de 1,4 million de requérants, le chiffre est passé à 728 470 demandes pour l’Union européenne, la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein.

L’Allemagne, avec plus de 220 000 demandes, reste de très loin le pays le plus sollicité devant l’Italie, la France et la Grèce, la Suisse se situant en 11e position avec 18 015 requêtes. Combien parmi ces migrants ont obtenu l’asile? Les statistiques européennes ne le disent pas, la complexité de chaque système d’accueil national rendant la tâche trop complexe. Mais la France annonce avoir accepté 36% des demandes en 2017 (environ 36 000).

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Le précédent helvétique

Si les statistiques indiquent une nette baisse – on revient à la situation de 2014 –, la perception dans les opinions publiques est tout autre. La question migratoire est aujourd’hui au cœur du débat politique dans tous les Etats européens. Après la crise de l’euro, celle des «migrants» met en jeu le destin de l’UE, a mis en garde Angela Merkel avant sa rencontre avec Emmanuel Macron, mardi près de Berlin, pour trouver une solution commune. Sa propre survie politique se décidera ces prochains jours sur cette question.

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La «décomposition» qui menace l’Europe, comme le dit un ministre français, est le résultat du triomphe des droites nationalistes, élections après élections, partout sur le continent. Leurs victoires se nourrissent du rejet des étrangers, de la perspective du retour aux frontières, de la défense des identités (chrétiennes) et d’un besoin de souveraineté réaffirmé. Un phénomène bien connu en Suisse où le premier parti du pays, l’UDC, engrange les succès depuis vingt ans principalement sur ces thématiques.

Le temps est compté

Alors que l’Europe, menacée par le déclin démographique, aura de plus en plus besoin de migrants, ces partis ont imposé leur agenda politique en instrumentalisant les peurs de populations déjà ébranlées par les effets de la globalisation économique. Blâmer ces réflexes de repli au nom des principes de la libre circulation des personnes ou de l’accueil des réfugiés ne suffira pas dans une époque d’affirmation nationaliste. Quel gouvernement en Europe – à part l’Espagne socialiste – aurait osé réagir différemment de Rome s’il avait été confronté à la requête de l’Aquarius avec ses 630 rescapés?

Si le parti des frontières nationales devait l’emporter, ce serait la plus sûre recette de l’essoufflement économique, et en définitive de l’assèchement moral du continent. D’ici au prochain sommet européen consacré à cette question, fin juin, il reste très peu de temps à Emmanuel Macron et Angela Merkel pour donner corps à leur idée de souveraineté européenne protégeant les peuples. Dans le respect du droit, y compris d’asile.


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