Le géant orange prend son temps. Migros revient provisoirement sur sa décision d’allonger les horaires de ses magasins dans le canton de Vaud. Les clients ont appris la nouvelle lundi, au premier jour de la mesure. Les centres commerciaux de Crissier et Clarens ont fermé leurs portes aux horaires habituels, soit 19h30 et 19h. Pourtant, tout était prêt pour accueillir les clients jusqu’à 20 heures tous les soirs de la semaine. Des affiches publicitaires vantaient même cette nouvelle offre.

En guise d’excuses, l’enseigne a offert du chocolat aux personnes forcées de quitter les lieux. Une petite douceur qui laisse un goût amer. «Encore une fois, c’est le consommateur qui est perdant», regrette Philippe Loertscher‏, un membre du comité vaudois des Jeunes libéraux-radicaux, sur Twitter. «Comme d’habitude, le Suisse se couche à 17 heures. Quelle flexibilité», ironise un internaute sur la page Facebook de la RTS.

Pétition du personnel

Des tensions internes sont à l’origine de cette reculade soudaine. Le syndicat Unia dénonçait une décision unilatérale. «Les extensions ont été faites sans consultation du personnel au préalable, alors que celle-ci est exigée par la loi sur le travail. L’employeur n’est pas obligé d’en tenir compte, mais il doit justifier sa décision. Tout ce processus n’a pas été fait», indique Sandrine Maeder, secrétaire syndicale d’Unia Vaud, dans un reportage de la RTS. Un reproche entendu par la direction, qui veut éviter tout conflit avec les employés. «La coopérative gèle ainsi le processus de modification des horaires d’ouverture de ses magasins», écrit Migros dans un communiqué publié mardi.

C’est une petite victoire pour les représentants du personnel. Une pétition, lancée par le syndicat, a recueilli plus de 600 signatures. Le Service de l’emploi vaudois a également été saisi. «La lutte et la pression publique paient! Belle victoire des employés concernés!» se félicite le conseiller national PS vaudois Jean Christophe Schwaab‏ sur Twitter. Il est rejoint par plusieurs internautes. «Le personnel a le droit à une vie de famille», affirme une cliente sur la page Facebook de la RTS. Un point de vue également défendu par SolidaritéS Vaud. «Le combat continue!» prévient toutefois l’organisation syndicale sur sa propre page.

Un vieux débat

Car cette accalmie ne signe pas l’arrêt de mort du projet. Migros est déterminé à étendre les horaires de ses magasins. Avec cette décision, le distributeur veut simplement donner à ses collaborateurs et à ses enseignes partenaires un temps suffisant «afin d’être consultés sereinement et convenablement». Le distributeur affirme être également attentif à l’évolution des besoins de sa clientèle. Plusieurs personnes attendent ces nouveaux horaires avec impatience. «Pourvu que ça passe! Ça m’arrangerait bien de pouvoir faire mes courses en semaine!» confie un internaute. Pour ou contre l’ouverture étendue des commerces? Le débat n’est pas nouveau en Suisse. Entre 1998 et 2005, pas moins de 19 votations se sont tenues sur l’ouverture dominicale des magasins ou un assouplissement des horaires.

Migros n’est pas le seul à vouloir étendre ses horaires, et à faire marche arrière. Coop avait déjà décidé en fin de semaine dernière de suspendre les extensions d’ouvertures au Léman Centre à Crissier et au supermarché d’Ecublens. Le distributeur précisait qu’il prolongeait la période de consultation. Un délai obtenu par le syndicat Unia. Mais, là aussi, la détermination est grande. Les horaires changeront. Alors, «à quand la fusion Coop-Migros?» s’amuse un internaute.

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