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Mike Horn sur le continent blanc: une expédition incroyable.
© Chris Brinlee Jr/Facebook.com/PangaeaMikeHorn

Revue de presse

Mike Horn, le fakir des glaces, a réussi à traverser l’Antarctique à pied

Celui qui est coach physico-mental de M Pokora, et célèbre explorateur basé à Lausanne, suscite l’admiration après avoir parcouru 5100 km sur le continent blanc en moins de deux mois. Il a défriché durant cette expédition des régions encore jamais foulées par un être humain

«Mikehornexplorer. After 57 days, on the 7th of February at 22h50 UT Mike Horn reaches the end of the Antarctic Continent! It’s Done!!» Voilà le message vocal qu’il a envoyé à ses équipes sur Instagram mardi soir à 23h50 (heure suisse) qui l’ont ensuite relayé sur ses différents réseaux sociaux… C’était le moment ou jamais, car à un autre moment de l’année, «l’exploit» aurait été «irréaliste puisque les aventuriers n’ont l’autorisation de fouler l’Antarctique que durant l’été austral (de novembre à février), au cours duquel le soleil est omniprésent», indique le portail d’info canadien Canoë.

Oui, le reste du temps, c’est «nuit noire», là-bas… Alors, à l’heure où M Pokora, le chanteur à la mode qui cartonne avec ses reprises de Claude François et a servi de faire-valoir à Mike Horn (ou le contraire?) dans l’émission A l’Etat sauvage – rediffusée ce lundi 13 février sur M6 à 23h15 – les paillettes télévisuelles ont un peu tendance à nous faire oublier que le confucianiste aventurier basé à Lausanne vient d’annoncer ceci sur sa page Facebook: il a réussi son «incroyable défi de traverser l’Antarctique en autonomie complète», à pied, comme on peut notamment le lire en page 2 de «20 minutes», en légende d’une photo romantique de l’homme sur fond de soleil rose-orangé.

Décidément, il «ne fait rien comme tout le monde», celui-là, commente le quotidien gratuit, qui admire cette «petite promenade de 5100 km […] bouclée en cinquante-sept jours», soit une moyenne de quasi 90 km par jour! «A la force de ses mollets et de ses bras, […] avec son traîneau et un cerf-volant pour le tracter», ajoute Le Nouvelliste, qui s’amuse aussi à préciser que Mike Horn (@ExploreMikeHorn sur Twitter) «ne se résume pas à un grand frère qui accompagne des stars françaises dans un stage de survie télévisé» mais «vient de réaliser ce qu’aucun homme n’avait fait avant lui».

Le journal valaisan raconte encore que «parti en mai dernier de Monaco pour son expédition «Pole 2 Pole» qui va l’amener à rallier les deux pôles», le Sud-Africain d’origine a ainsi réalisé «un parcours extrêmement exigeant […] sur la banquise, […] à un rythme effréné. […] Deux mois passés seuls face à l’immensité du continent blanc. Le 9 janvier dernier, il avait atteint le pôle Sud et ce mardi […], il a donc rallié la base française de Dumont d'Urville, tout au nord-est de l’Antarctique, sur un parcours qu’aucun être humain n’avait emprunté à ce jour.»

«Un des plus beaux exploits humains qui soit au début de ce XXIe siècle», renchérit le site Widermag, qui ne nous épargne pas «les difficultés se sont multipliées dans cette expédition: Mike Horn a notamment cassé l’un de ses skis et il a surtout perdu sa gamelle, essentielle pour lui permettre de préparer tous ses repas. Il s’est adapté en découpant une bouteille de carburant transformée ainsi en casserole de fortune».

Quoi d’autre? «Rien ne lui a été épargné», à celui dont GQ Magazine a brossé un portrait roboratif l’été dernier. «Les vents de l’Antarctique ont été dantesques. Avec son kite, [il] a pu réaliser des journées à plus de 200 kilomètres, et atteindre le pôle Sud». Puis «la deuxième moitié du périple […] est un saut dans l’inconnu», car «aucun skieur ou explorateur n’avait entièrement parcouru cette grosse moitié d’Antarctique avant lui. Les sastrugis, ces vagues de glace, le guettaient, l’obligeant à ralentir l’allure.»

Et ce n’était pas fini. «La semaine dernière, des vents furieux ont emmêlé les fils de son aile de kite: Mike Horn a dû les couper, et perdre une de ses trois ailes (de taille différente, pour s’adapter à la puissance du vent), qui a disparu dans la tourmente. Lui a passé des jours entiers bloqué dans sa tente.» Mais au terme de l’exercice, il s’offre «une première historique», confirme L’Equipe, «celle de la traversée intégrale du continent sans moteur et en solitaire. Mike Horn a également défriché pendant cette expédition des régions encore jamais foulées par un être humain. [Il] inscrit définitivement son nom dans la riche histoire des grands explorateurs de ce monde».

A 50  ans, était-ce «le dernier truc vraiment dangereux» qu’il s’infligeait? lui demandait d’ailleurs L’Illustré en décembre dernier par courriel, juste avant son départ. Et qu’a-t-il répondu, cet incorrigible «givré»? «Bien sûr que non! Il me faut des défis dans la vie. Je ne peux pas vivre autrement. J’ai encore plein de plans risqués devant moi. Certains dans le cadre de cette aventure Pole 2 Pole: il est prévu que je fasse l’ascension de sommets indiens encore jamais escaladés et une traversée de l’Arctique par le pôle, puis une autre du Groenland. Et plein d’autres choses encore…»

Le contraire eût étonné… Il continue pourtant à sidérer d’autres «héros», comme ceux de Solar Impulse, qui s’exprimaient à la fin de 2016 dans 24 heures: «Mike Horn est un fakir! C’est le parfait exemple de l’apprentissage et de la maîtrise totale du corps par l’esprit, le tout dans les conditions les plus difficiles», disait Bertrand Piccard. Alors que son collègue André Borschberg jugeait que «tous ses projets relèvent du mental. C’est sur cette dimension qu’il se profile. Il montre à quel point on peut réaliser l’impossible grâce à l’état d’esprit. J’aime ses projets, qui soulignent l’attitude qu’on devrait avoir dans la vie, même sans traverser la jungle.»

Alors, que va-t-il se passer maintenant? Mike Horn va faire cap sur la Nouvelle-Zélande. De là, il doit rejoindre l’Australie, puis la Papouasie-Nouvelle-Guinée, avant de partir pour le Japon. De là, il s’embarquera en direction du pôle Nord, puis ralliera son point de départ, Monaco, via le Groenland. Au total, il aura ainsi parcouru 27 000 kilomètres.

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