Rien de tel que d’adopter la posture de la victime pour éveiller la compassion. Bien des musulmans sont orfèvres en la matière. Ils jugent normal que l’islam progresse dans le monde, mais intolérable que des «athées caractériels» ou des «xénophobes rances» s’y opposent. Là où le bât blesse, c’est que simultanément beaucoup de musulmans – et presque toutes les musulmanes – se plaignent d’être les premières victimes de la violence et de l’archaïsme propres à leur culture islamique.

Par leur tenue vestimentaire, les femmes exhibent de plus en plus leur enfermement (volontaire ou non), cependant que les hommes adhèrent à une logique sacrificielle et sanglante assez incommodante pour qui les côtoie à ce moment paroxystique de leur soumission à un dieu qui n’en demandait sans doute pas tant. Il faudrait dresser une stèle à tous ceux, connus ou inconnus, qui dans le monde, et particulièrement dans les pays arabes, ont payé de leur vie leur refus de cette forme de démence ordinaire.

Un front anti-bouddhiste susciterait des sourires apitoyés; un front anti-chrétien des quolibets, un front anti-judaïque une sourde inquiétude, un front anti-islamique des menaces physiques, voire des attentats. Le cas du philosophe Robert Redeker, pourchassé depuis des années en France par des musulmans pour avoir simplement exprimé ce que lui inspirait la figure du prophète, ne devrait pas être oublié.

Que ce soit en Chine, en Russie, en Inde, dans l’Asie du Sud-Est, en Afrique noire, l’islam est perçu comme une menace et combattu par les armes. En Europe, quand une majorité de Suisses exprime légitimement une inquiétude, on s’indigne. Il n’est pourtant question que de minarets – et non de mosquées. Mais c’est déjà trop.

En Irak, les Américains ont voulu créer un «laboratoire de la démocratie», comme ils l’avaient fait au Japon après-guerre. Contre toutes les prévisions, ils ne sont pas loin d’y être parvenus. Le prix à payer aura été exorbitant, mais il le fut également en Allemagne, au Japon et en Corée – où des milliers de soldats américains sont encore présents.

L’islam, si j’en juge d’après les réactions de ses plus fervents adeptes en Suisse et dans le monde, aurait plutôt vocation à devenir un «laboratoire de l’intolérance». Il n’était peut-être pas inutile que la plus vieille démocratie européenne s’en offusque.

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