Il n’y a pas de grand homme pour son valet: Pierre Combernous, ancien ambassadeur de Suisse au Kenya et en Tunisie, fait mentir l’adage dans le récit de son expérience de secrétaire diplomatique du conseiller fédéral René Felber, de 1988 à 1991. Sans verser dans l’hagiographie ni même la complaisance, il dresse par petites touches successives un portrait de son modèle. René Felber s’y reconnaît au point de penser que le livre de son ancien collaborateur personnel le dispenserait d’écrire lui-même sa biographie! (Un Patron pour toutes les saisons, Ed. de l’Aire).

Personnalité chaleureuse

En quarante-deux mois de service, il a accompagné le chef du Département fédéral des affaires étrangères au cours de 50 déplacements à l’étranger. Il organise son témoignage autour de ces voyages, présentés chronologiquement. Il en rappelle l’objectif, dépeint le décor et les personnages, soit les collègues de notre ministre des Affaires étrangères, savoure les anecdotes les plus typiques et émet des jugements parfois convenus. René Felber s’est d’abord consacré à faire avancer la négociation entre les pays de l’AELE et ceux de la Communauté européenne en vue de ce qui deviendra l’Espace économique européen (EEE). Il s’est également attaché à renforcer et à développer la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE). A cette fin, il sillonne l’Europe, de la Scandinavie à l’Atlantique, de Moscou à Lisbonne, sans oublier les Balkans (il affectionne particulièrement l’Albanie). Les Etats voisins sont privilégiés, conformément à la doctrine des trois cercles concentriques qui fixait les priorités des relations internationales de la Suisse jusqu’à l’adhésion à l’ONU: d’abord en effet les pays proches, puis l’Europe en général et enfin le reste du monde, dont en particulier le Moyen-Orient.