En juin 1989, la sanglante répression sur la place Tiananmen signalait que la libéralisation économique que la Chine entamait n’irait pas de pair avec une quelconque libéralisation politique. Pourtant, contrairement aux allégations qui se répandent même en Occident, la démocratie, l’Etat de droit et les libertés publiques ne sont aucunement étrangères à la mentalité chinoise. La République multiethnique de Sun Yat-sen au début du XXe siècle, tout comme le caractère démocratique de Taïwan en témoignent. Mais comme en Russie, où la République de Kerensky n’a duré que le temps d’un été, un quarteron déterminé a réussi à instaurer sa dictature, et les sacrifices imposés au peuple par le Grand Bond en avant de Mao dans les années 1950 n’ont rien eu à envier à la terreur de Staline.

Dès les années 1990, la Chine a systématisé une approche à évident caractère néocolonial: achats massifs de terres sur d’autres continents, reprise d’infrastructures dans des pays fragilisés et les mettant sous dépendance (à l’exemple du port du Pirée ou des chemins de fer en Angola…), nouvelle Route de la soie parvenant directement au cœur de nos pays assoupis. Grâce à un réseau d’apprentis dictateurs bien disposés, elle propage maintenant ses concepts de gouvernance au sein des institutions internationales.