En juin 1989, la sanglante répression sur la place Tiananmen signalait que la libéralisation économique que la Chine entamait n’irait pas de pair avec une quelconque libéralisation politique. Pourtant, contrairement aux allégations qui se répandent même en Occident, la démocratie, l’Etat de droit et les libertés publiques ne sont aucunement étrangères à la mentalité chinoise. La République multiethnique de Sun Yat-sen au début du XXe siècle, tout comme le caractère démocratique de Taïwan en témoignent. Mais comme en Russie, où la République de Kerensky n’a duré que le temps d’un été, un quarteron déterminé a réussi à instaurer sa dictature, et les sacrifices imposés au peuple par le Grand Bond en avant de Mao dans les années 1950 n’ont rien eu à envier à la terreur de Staline.