Quel cruel paradoxe! L’initiative «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage dans l’espace public» soumise au vote le 7 mars prochain a été lancée par un comité pas vraiment réputé pour son «islamophilie». Et pourtant, elle représente, j’en suis convaincu, une chance historique pour l’écrasante majorité des citoyennes et des citoyens suisses de communauté musulmane. J’en suis. Ce jour-là, quels que soient nos degrés de croyance et de pratique religieuse, nous aurons enfin l’occasion de dire un vibrant «non» aux islamistes. Aussi bien aux salafistes qu’aux wahhabites et aux Frères musulmans. C’est kif-kif bourricot. Solennellement. Par le plus bel acte citoyen que tant d’humains d’autres pays nous envient: en glissant un bulletin dans l’urne.

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Nous ne sommes pas dupes. Les auteurs de ce texte se contentent de surfer sur les peurs de l’islam présentes dans une partie de l’Occident depuis les attentats du 11 septembre 2001 et leurs monstrueuses répliques de Madrid, Londres, Paris, Nice ou Berlin. Liste hélas non exhaustive. Car on oublie souvent les cadavres dispersés presque chaque semaine dans les marchés de Kaboul, de Bagdad et de trop d’ailleurs. Autant d’actes monstrueux commis et commandités par des hommes qui rabaissent au quotidien les femmes au rôle de simples génitrices. Tout cela au nom de notre religion.