Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la majorité des visiteurs sur Internet ne sont pas des êtres humains, mais des bots, c’est-à-dire des logiciels conçus pour effectuer certaines tâches automatisées. Ils sont responsables de 52% du trafic sur la Toile, selon le rapport annuel de la société de sécurité Imperva.

Parmi ces bots, il existe les bons et les mauvais. Les «bons» étant les véritables chevilles ouvrières du Web. Ils indexent les sites pour les moteurs de recherche, sont utilisés pour rafraîchir une page Facebook dans une application mobile. Ils récoltent légalement des données à des fins commerciales ou encore, ils surveillent le bon fonctionnement des sites web.

Plus de «mauvais» que de «bons»

Les «mauvais» bots ont un comportement malveillant et sont plus nombreux. En 2016, ils ont été responsables de 29% de toute l’activité sur le réseau (par rapport à 23% pour les «bons» bots) et sont à l’origine de 84% des cyberattaques: «Depuis cinq ans, un visiteur web sur trois est un bot qui tente de commettre une effraction», selon Igal Zeifman, directeur marketing chez Imperva.

Parmi les malveillants, il y a ceux qui paralysent les sites en lançant des milliers de connexions simultanées. Ceux appelés bots «imposteurs» qui inondent les messageries de spam, piratent des données et usurpent des identités. Il y a encore ceux qui faussent les résultats des sondages ou créent de faux comptes sur les réseaux sociaux, Et pour séduire, ceux qui se font passer pour des humains sur les sites de rencontre. Ils sont aussi problématiques pour les publicitaires, car ils peuvent ouvrir une annonce, simulant un clic et faussant ainsi l’impact d’une campagne.

Au service du marché noir

Enfin, il existe encore les tickets-bots, des programmes informatiques qui achètent des billets de spectacle ou d’événements sportifs afin de mettre en place un marché noir. Aux Etats-Unis, au guichet électronique de la comédie musicale à succès Hamilton, près de 80% des places ont été raflées par des bots dans les nanosecondes qui ont suivi leur mise en ligne, permettant aux revendeurs de demander près de 11 000 dollars pour une place (au lieu de 849) lors de l’ultime performance de la star du spectacle.

Les bots sur Internet seront de plus en plus nombreux, leurs activités de plus en plus diverses. En bien et en mal.

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