Cela a commencé dimanche dernier par une interview du ministre des Finances Ueli Maurer dans la NZZ am Sonntag. Un peu comme dans Moment d’angoisse chez les riches, une nouvelle de Kurt Tucholsky parue dans ses Chroniques allemandes. «Je sens confusément que quelque chose approche à pas feutrés, qui menace de tous nous anéantir. Nous, c’est notre vie ancienne, ce sont les îles verdoyantes que nous avions réussi à édifier au milieu de ce ridicule tapage», redoute l’écrivain et satiriste allemand. Le ministre des Finances est évidemment moins lyrique. «Nous ne sommes plus aussi bons que nous l’aurions souhaité… La Suisse est fortement mise sous pression.» Il fait référence à la perte d’attractivité fiscale qui menace la Suisse avec l’application des nouvelles règles de l’OCDE, la généralisation au niveau mondial d’un taux d’imposition minimum de 15% pour les sociétés multinationales.